Antoine la regarda.
Puis il murmura :
— Votre grand-père.
Julien fronça les sourcils.
— Notre grand-père est mort avant notre naissance.
Antoine secoua la tête.
— Non.
— Quoi ?
Antoine regarda les trois enfants.
— On vous a menti sur sa mort aussi.
Le silence tomba.
Claire regarda la photo.
— Pourquoi ?
Antoine répondit :
— Parce que l’histoire de votre famille n’a pas commencé avec Henri.
Il regarda la boîte.
— Et elle ne s’est pas terminée avec lui.
ÉPILOGUE — DIX ANS PLUS TÔT
Dans une petite ville du sud de la France, un homme âgé regardait une vieille maison depuis l’autre côté de la rue.
Il tenait une photographie entre ses mains.
La même photographie que Claire venait de découvrir.
Il murmura :
— Ils ont enfin trouvé.
Un homme plus jeune se tenait derrière lui.
— Voulez-vous que je les contacte ?
Le vieil homme secoua la tête.
— Pas encore.
— Pourquoi ?
Il regarda la maison.
— Parce qu’ils doivent d’abord comprendre ce qu’Henri a essayé de cacher.
— Et si la vérité les détruit ?
Le vieil homme sourit tristement.
— La vérité ne détruit pas une famille.
Il regarda la photographie.
— Les mensonges, oui.
Puis il partit.
PARTIE 21 — LE DOSSIER GABRIEL
Trois jours après avoir découvert la photographie, Claire ne dormait plus.
Elle avait beau essayer de se convaincre que tout était terminé, quelque chose la rongeait.
Son père avait été assassiné.
Les coupables avaient été arrêtés.
Antoine était vivant.
Laurent et Marc allaient être jugés.
La famille avait récupéré une grande partie de ses biens.
Tout aurait dû être terminé.
Mais cette photographie avait rouvert une porte.
Une porte que Henri avait volontairement gardée fermée.
Claire retourna dans le bureau.
Julien et Mathieu l’accompagnèrent.
Antoine était là aussi.
Sur la table se trouvait la photographie de 1987.
Claire la posa devant lui.
— Dis-nous tout.
Antoine resta silencieux.
— Antoine.
Il prit une profonde inspiration.
— Gabriel n’était pas notre grand-père.
Julien fronça les sourcils.
— Quoi ?
— C’était son frère.
— Alors pourquoi avons-nous toujours pensé que c’était notre grand-père ?
— Parce que votre vrai grand-père a disparu.
Mathieu demanda :
— Quand ?
— En 1987.
— Dans quelles circonstances ?
Antoine regarda la photo.
— Il avait découvert quelque chose.
Claire sentit son cœur accélérer.
— Encore ?
Antoine sourit tristement.
— Dans cette famille, les secrets sont plus anciens que vous ne le pensez.
Il expliqua que Gabriel et leur grand-père, André Moreau, avaient créé ensemble la première entreprise familiale.
Mais ils s’étaient opposés sur la manière de la gérer.
Gabriel voulait développer.
André voulait conserver.
Puis une somme importante avait disparu.
Gabriel avait accusé André.
André avait accusé Gabriel.
Et quelques semaines plus tard, André avait disparu.
Gabriel avait été accusé.
Puis il avait lui aussi disparu.
Henri avait grandi avec cette histoire.
Et il avait passé sa vie à essayer de comprendre ce qui s’était réellement passé.
Claire regarda Antoine.
— Papa savait que Gabriel était vivant ?
— Oui.
— Et toi ?
— Oui.
— Pourquoi nous avoir caché cela ?
Antoine répondit :
— Parce que votre père pensait que le passé pouvait tuer ceux qui le réveillaient.
Julien demanda :
— Et maintenant ?
Antoine regarda la photographie.
— Maintenant, il est trop tard pour l’empêcher.
PARTIE 22 — LE DERNIER SECRET DE HENRI
Une semaine plus tard, Claire reçut une lettre.
Aucune adresse d’expéditeur.
À l’intérieur, une phrase :
« Si vous voulez comprendre pourquoi Henri est mort, venez seule. »
Claire ne partit pas seule.
Elle prévint Julien.
Ils se rendirent à l’adresse indiquée.
C’était une ancienne gare abandonnée.
Un homme les attendait.
Il avait environ soixante-dix ans.
Il se retourna.
Claire reconnut immédiatement les traits de la photographie.
— Gabriel ?
L’homme hocha la tête.
Julien resta sans voix.
— Vous êtes vivant.
— Oui.
— Pourquoi avoir laissé tout le monde croire que vous étiez mort ?
Gabriel répondit :
— Parce que je devais disparaître.
— De qui ?
— De votre grand-père.
Julien fronça les sourcils.
Gabriel expliqua.
André n’était pas mort accidentellement.
Il avait organisé sa propre disparition.
Il avait volé une partie de l’argent de l’entreprise.
Il avait créé une nouvelle identité.
Et il avait laissé son frère être accusé.
Gabriel avait découvert la vérité.
Il avait tenté de l’arrêter.
Mais André avait menacé sa famille.
Gabriel avait donc disparu.
Henri avait découvert tout cela des décennies plus tard.
Et il avait retrouvé Gabriel.
Mais pourquoi Henri n’avait-il rien dit ?
Parce que Gabriel avait demandé à Henri de garder le secret.
Il craignait que les anciennes affaires ne ressurgissent.
— Alors quel rapport avec Marc et Laurent ? demanda Claire.
Gabriel répondit :
— L’argent volé en 1987 n’a jamais disparu.
Julien sentit un frisson.
— Où est-il ?
Gabriel le regarda.
— Il a servi à créer le premier compte offshore de la famille.
Claire comprit.
— Les sociétés écrans…
— Oui.
— Elles existent depuis 1987 ?
Gabriel hocha la tête.
— Et Henri essayait de les démanteler.
Julien murmura :
— C’est pour ça qu’il devait mourir.
— Oui.
Claire demanda :
— Qui a commencé tout ça ?
Gabriel répondit :
— Votre grand-père.
Puis il ajouta :
— Mais votre père a passé sa vie à essayer de réparer ses erreurs.
PARTIE 23 — LE VRAI HÉRITAGE
Gabriel donna à Claire une petite boîte.
À l’intérieur se trouvait une clé.
Une nouvelle fois.
Claire soupira.
— Encore une clé ?
Gabriel sourit.
— Votre père aimait les secrets.
La clé ouvrait un coffre dans une banque ancienne.
À l’intérieur se trouvaient les derniers documents.
Des comptes.
Des contrats.
Des preuves.
Mais surtout une lettre.
Henri l’avait écrite quelques jours avant sa mort.
Claire la lut à voix haute.
« Si vous avez trouvé ceci, c’est que vous avez choisi de chercher la vérité plutôt que l’argent.