Julien serra les poings.

— Alors c’est lui.

Mais l’inspectrice secoua la tête.

— Pas si vite.

— Pourquoi ?

— Parce que quelqu’un a utilisé la voiture de Marc à 00 h 45.

Julien fronça les sourcils.

— Il est donc revenu ?

— Non.

— Comment ça ?

— La voiture a été filmée à huit kilomètres d’ici.

Julien regarda Mathieu.

— Quelqu’un avait ses clés.

Le silence revint.

Puis Claire dit :

— Qui d’autre était ici cette nuit-là ?

Laurent ouvrit son dossier.

— Vous.

Claire pâlit.

— Moi ?

— Vous êtes arrivée à 00 h 28.

— Oui.

— Et vous êtes repartie à 00 h 52.

— Je venais voir Papa.

— Pourquoi ?

Claire hésita.

— Il m’avait appelée.

— Que vous a-t-il dit ?

Elle ferma les yeux.

— Il m’a dit de venir seule.

— Et ?

— Il était vivant.

Julien demanda :

— Comment était-il ?

Claire répondit :

— Terrifié.

Elle se mit à pleurer.

— Il m’a dit que quelqu’un allait essayer de me tuer.

PARTIE 9 — LE MESSAGE CACHÉ

Claire raconta ce qu’elle avait vécu cette nuit-là.

Lorsqu’elle était arrivée, Henri l’attendait dans son bureau.

Il avait fermé les rideaux.

Toutes les portes étaient verrouillées.

Il lui avait donné une enveloppe.

— Il m’a dit de ne pas l’ouvrir avant sa mort.

— Qu’est-ce qu’elle contenait ?

Claire regarda Laurent.

— Je ne l’ai jamais ouverte.

L’avocat fronça les sourcils.

— Où est-elle ?

Claire répondit :

— Chez moi.

L’inspectrice demanda :

— Pourquoi ne l’avoir jamais donnée à la police ?

— Parce que je pensais que Papa avait simplement peur.

— Et maintenant ?

Claire sortit son téléphone.

— Je l’ai toujours.

Elle ouvrit une photographie.

On voyait l’enveloppe.

Mais quelque chose était étrange.

L’inspectrice agrandit l’image.

Sur le bord de l’enveloppe, une suite de chiffres était inscrite.

17 — 04 — 09 — 21

Laurent Dubois regarda les chiffres.

Puis il comprit.

— Ce n’est pas un code.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Des numéros de pages.

Ils retournèrent à la bibliothèque d’Henri.

Chaque chiffre correspondait à une page d’un vieux livre.

Ils trouvèrent les mots.

« Ne cherche pas le meurtrier dans la maison. Cherche celui qui connaît la maison. »

Julien murmura :

— Le personnel.

L’inspectrice hocha la tête.

— Ou quelqu’un qui a travaillé ici.

Une liste fut établie.

Ancienne gouvernante.

Jardinier.

Chauffeur.

Comptable.

Assistant.

Mais un nom manquait.

Le gardien de nuit.

Un homme nommé Pierre Vasseur.

Il travaillait pour Henri depuis quinze ans.

Il avait quitté son poste le lendemain de la mort.

Personne ne savait où il était.

L’inspectrice le retrouva finalement dans une petite ville à plus de trois cents kilomètres.

Pierre accepta de parler.

Il raconta quelque chose d’étrange.

La nuit de la mort d’Henri, il avait vu une voiture entrer dans la propriété.

Une voiture noire.

Mais il ne s’agissait pas de celle de Marc.

C’était une vieille berline.

Et le conducteur portait une casquette.

Pierre avait vu le visage.

— Qui était-ce ?

Il hésita.

Puis répondit :

— Madame Moreau.

Tout le monde resta silencieux.

— Mais ma mère est morte, dit Claire.

Pierre baissa la tête.

— Je sais.

— Alors qui avez-vous vu ?

Pierre sortit une vieille photographie.

Une femme y apparaissait.

Elle ressemblait à Madeleine Moreau.

Mais ce n’était pas elle.

L’inspectrice regarda la photo.

— Qui est cette femme ?

Pierre répondit :

— Sa sœur.

PARTIE 10 — LE SECRET DE MADELEINE

La famille Moreau avait toujours cru que Madeleine était fille unique.

Mais ce n’était pas vrai.

Madeleine avait une sœur jumelle.

Élise.

Elle avait disparu de la famille après un conflit avec Henri.

Les archives révélèrent qu’Élise avait été liée à la société écran utilisée pour détourner l’argent.

Mais elle avait disparu en 2010.

Personne ne savait où elle vivait.

L’inspectrice retrouva une ancienne adresse.

Une maison abandonnée.

À l’intérieur, ils trouvèrent des dizaines de photographies.

Henri.

Antoine.

Marc.

Et Claire.

Mais surtout, une photographie récente.

Claire apparaissait devant son appartement.

La photo avait été prise quelques jours avant la mort d’Henri.

Quelqu’un la surveillait.

Claire demanda :

— Pourquoi moi ?

Laurent répondit :

— Parce que votre père vous avait choisie comme héritière.

Julien se souvint du testament.

— C’est pour ça.

— Oui.

— Si Claire héritait, elle aurait accès à tout.

— Exactement.

L’inspectrice regarda les documents.

— Mais pourquoi Henri a-t-il voulu lui donner presque tout ?

Laurent répondit :

— Parce qu’il savait que Julien était manipulé.

Julien baissa les yeux.

Il comprenait maintenant.

Son père n’avait jamais voulu le punir.

Il avait voulu l’éloigner.

Marc avait passé des années à convaincre Julien qu’il était le véritable héritier.

À lui faire croire que Claire n’était pas capable de diriger l’entreprise.

À nourrir sa jalousie.

À transformer son besoin de reconnaissance en colère.

Et Julien avait laissé faire.

Il avait même signé certains documents sans les lire.

Des documents qui avaient permis à Marc de détourner des fonds.

Julien murmura :

— J’ai été idiot.

Claire s’approcha.

— Tu as été manipulé.

— Ça ne change rien.

— Si.

— Non.

Il leva les yeux vers elle.

— Papa avait raison de se méfier de moi.

Claire secoua la tête.

— Il avait peur que tu sois utilisé.

Julien pleura pour la première fois depuis la mort de son père.

PARTIE 11 — LA FEMME DANS L’OMBRE

Élise fut retrouvée deux jours plus tard.

Elle n’était pas coupable du meurtre.

Elle avait simplement travaillé pour Marc avant de comprendre qu’il était dangereux.

Elle raconta tout.

Marc avait découvert que Henri et Antoine possédaient des preuves contre lui.

Il avait tenté de les récupérer.

Antoine avait disparu après avoir été agressé.

Mais Henri l’avait retrouvé.

Il l’avait caché.

Il avait ensuite préparé un plan.

Un testament.

Un enregistrement.

Des copies de documents.

Et une série de messages.

Tout avait été conçu pour continuer à fonctionner même après sa mort.