Il prit la clé.
Il l’examina.
Puis son visage se décomposa.
— Le coffre de l’ancien entrepôt.
Julien demanda :
— Quel entrepôt ?
Laurent répondit :
— Celui qu’Henri avait vendu en 2010.
Mathieu comprit.
— L’ancien entrepôt de Saint-Denis ?
— Oui.
— Mais il a été détruit.
Laurent secoua la tête.
— Pas entièrement.
Ils partirent immédiatement.
L’entrepôt était abandonné depuis plus de dix ans.
Les portes étaient rouillées.
À l’intérieur, il n’y avait presque plus rien.
Mais derrière un mur, ils découvrirent une petite pièce.
La clé ouvrit la serrure.
À l’intérieur se trouvait un coffre.
Julien l’ouvrit.
Il contenait une seule chose.
Un dossier.
Sur la couverture :
ANTOINE MOREAU — 2009
Julien ouvrit le dossier.
Les premières pages contenaient des relevés bancaires.
Puis des copies de contrats.
Puis des virements.
Tous conduisaient vers la même société.
Une société écran.
Et cette société appartenait indirectement à…
Marc Delorme.
Julien sentit ses jambes faiblir.
— Mon Dieu.
L’inspectrice regarda les documents.
— Voilà notre mobile.
Mais au fond du dossier se trouvait une autre feuille.
Elle était manuscrite.
Henri avait écrit :
« Marc n’a jamais travaillé seul. »
Julien fixa la phrase.
— Qui était avec lui ?
La réponse se trouvait au verso.
Un nom.
Mathieu Moreau.
Tout le monde se tourna vers lui.
Mathieu devint livide.
— Non.
Julien recula.
— Mathieu ?
— Ce n’est pas moi.
— Ton nom est là !
— Je ne sais pas pourquoi !
L’inspectrice dégaina son arme.
— Personne ne bouge.
Mathieu leva les mains.
— Je n’ai pas tué notre père.
Julien cria :
— Alors explique !
Mathieu pleurait maintenant.
— Je ne savais pas que Marc volait l’argent.
— Pourquoi ton nom est sur les documents ?
— Parce que…
Il s’arrêta.
— Parce que j’ai signé quelque chose pour lui.
— Quoi ?
Mathieu ferma les yeux.
— Un contrat.
PARTIE 7 — LA VÉRITÉ DE MATHIEU
Mathieu finit par raconter toute l’histoire.
En 2019, il avait des dettes.
Pas des dettes liées au luxe.
Pas au jeu.
Une dette professionnelle.
Il avait investi dans une petite entreprise qui avait fait faillite.
Marc lui avait proposé de l’aider.
Il lui avait demandé de signer quelques documents afin de transférer temporairement certaines parts.
Mathieu avait accepté.
Sans lire.
Sans comprendre.
Il avait ensuite découvert que son nom avait servi à créer plusieurs sociétés écrans.
Il avait voulu se retirer.
Marc l’avait menacé.
— Il m’a dit qu’il pouvait me faire arrêter pour fraude.
Julien demanda :
— Et tu n’as rien dit à Papa ?
— Non.
— Pourquoi ?
— Parce que j’avais honte.
Claire le regarda.
— Et Antoine ?
Mathieu répondit :
— Il savait.
— Depuis quand ?
— Depuis huit ans.
L’inspectrice demanda :
— Pourquoi n’a-t-il pas parlé ?
— Parce qu’il cherchait des preuves.
Laurent Dubois intervint :
— Et Henri l’a aidé.
Julien regarda l’avocat.
— Alors pourquoi mon père m’a-t-il accusé ?
— Parce que Marc utilisait votre frère pour atteindre votre père.
Julien se tourna vers Mathieu.
— Tu étais leur couverture.
Mathieu hocha la tête.
— Sans le savoir.
Laurent poursuivit :
— Henri avait découvert le système. Il savait que Marc contrôlait une partie des comptes de l’entreprise. Mais il lui manquait une preuve irréfutable.
Claire demanda :
— Et Antoine ?
— Antoine était vivant et détenait cette preuve.
Julien sentit un frisson parcourir son dos.
— Où est-il ?
Personne ne répondit.
Puis le téléphone de Laurent sonna.
Il regarda l’écran.
Un numéro inconnu.
Il décrocha.
Une voix dit :
— Vous avez trouvé le dossier.
Laurent se figea.
— Qui êtes-vous ?
La voix répondit :
— Quelqu’un qui aurait préféré que tout cela reste enterré.
Puis elle ajouta :
— Vous cherchez Antoine ?
Laurent ne répondit pas.
— Il est vivant.
Julien s’approcha.
— Passez-moi le téléphone.
La voix continua :
— Mais vous ne le retrouverez pas si vous ne comprenez pas ce que votre père a fait la nuit de sa mort.
Julien demanda :
— Qu’a-t-il fait ?
La voix répondit :
— Il a échangé sa vie contre celle de sa fille.
Claire sentit son cœur s’arrêter.
— Quoi ?
La communication fut coupée.
Tout le monde se tourna vers elle.
Claire murmura :
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
Laurent Dubois la regarda.
— Je pense que votre père savait que vous étiez la prochaine cible.
PARTIE 8 — LA NUIT DE LA MORT
La police retourna à la villa.
L’inspectrice fit rouvrir le dossier médical d’Henri.
Elle demanda une seconde autopsie.
Les résultats arrivèrent le lendemain.
Henri n’était pas mort d’une crise cardiaque.
Il avait reçu une dose importante d’un médicament capable de provoquer un arrêt cardiaque.
Le produit avait été administré plusieurs heures avant sa mort.
L’assassin connaissait donc ses habitudes.
Il savait quand Henri prenait ses médicaments.
Et il savait que les symptômes ressembleraient à une crise naturelle.
Julien demanda :
— Qui avait accès à ses médicaments ?
Laurent répondit :
— Toute la famille.
Claire secoua la tête.
— Pas moi.
Mathieu dit :
— Moi non plus.
Julien regarda sa sœur.
— Pourquoi tu dis ça ?
— Parce que Papa ne me laissait jamais entrer dans son bureau.
— Pourquoi ?
Claire répondit :
— Je ne sais pas.
Laurent posa une boîte sur la table.
— Parce qu’il avait peur que quelqu’un l’utilise contre vous.
À l’intérieur se trouvait un petit carnet.
Henri y avait noté ses horaires.
Ses médicaments.
Ses appels.
Ses visiteurs.
Une entrée attira l’attention de l’inspectrice.
23 h 40 — Marc est venu.
Julien se figea.
— Marc était ici ?
Laurent hocha la tête.
— Oui.
— Pourquoi ?
— Il a dit qu’il venait parler à votre père.
— Et après ?
— Il est parti à 00 h 17.
L’inspectrice regarda le carnet.
— Heure du décès ?
— Entre 00 h 30 et 01 h 00.