Élise avait été chargée d’une seule chose :
Protéger Claire.
— Pourquoi ne l’avez-vous pas protégée directement ? demanda l’inspectrice.
Élise répondit :
— Parce que Marc surveillait tout.
— Alors pourquoi être venue cette nuit-là ?
Élise baissa les yeux.
— Henri m’avait demandé de venir.
— Pour quoi faire ?
— Pour l’aider à mettre Claire en sécurité.
— Mais vous n’avez pas pu.
— Non.
— Pourquoi ?
Élise ferma les yeux.
— Parce que Marc était déjà là.
L’inspectrice se redressa.
— Vous l’avez vu ?
— Oui.
— Et Henri ?
— Il était encore vivant.
— Que s’est-il passé ?
Élise trembla.
— Henri a dit à Marc qu’il avait déjà envoyé les preuves à la police.
— Était-ce vrai ?
— Non.
— Pourquoi lui mentir ?
— Pour gagner du temps.
Puis Élise prononça une phrase terrible :
— Mais Marc n’était pas seul.
L’inspectrice demanda :
— Qui était avec lui ?
Élise regarda Julien.
— Votre frère.
Julien se figea.
— Moi ?
— Oui.
— Je n’étais pas là.
— Pas physiquement.
Elle expliqua.
Marc avait utilisé une vieille vidéo enregistrée plusieurs mois auparavant.
Dans cette vidéo, Julien disait qu’il voulait « faire disparaître » son père.
La phrase avait été sortie de son contexte.
Marc l’avait utilisée comme menace.
Henri savait que si la vidéo était publiée, Julien pourrait être accusé.
Il avait donc accepté de se taire.
Mais il avait préparé son plan.
Le testament.
L’enregistrement.
Le coffre.
Les preuves.
Tout était destiné à faire tomber Marc après sa mort.
PARTIE 12 — LE VRAI MEURTRIER
La police convoqua Marc Delorme.
Il arriva au commissariat accompagné d’un avocat.
Il souriait.
— Je suppose que cette affaire concerne encore Henri.
L’inspectrice posa plusieurs dossiers devant lui.
— Oui.
Marc regarda les documents.
— Tragique histoire.
— Vous étiez chez Henri le soir de sa mort.
— Oui.
— Pourquoi ?
— Pour parler affaires.
— Vous êtes resté quarante minutes.
— Peut-être.
— Vous avez quitté la maison à 00 h 17.
— Exact.
— Et Henri est mort entre 00 h 30 et 01 h 00.
Marc haussa les épaules.
— Cela ne prouve rien.
L’inspectrice posa une photo.
— Vous connaissiez Antoine Moreau ?
Marc ne répondit pas.
— Répondez.
— Oui.
— Vous saviez qu’il était vivant ?
Silence.
— Non.
— Mensonge.
Marc sourit.
— Vous n’avez aucune preuve.
L’inspectrice posa une clé USB.
— Si.
Elle lança un enregistrement.
La voix de Marc apparut.
« Henri doit mourir avant qu’il parle. »
Marc pâlit.
L’enregistrement continua.
« Et si Julien devient un problème, on le fera accuser. »
Marc regarda l’avocat.
— Cette voix est falsifiée.
L’inspectrice posa un second appareil.
— Celle-ci ne l’est pas.
Une autre conversation fut diffusée.
Marc y parlait avec Mathieu.
Puis avec Élise.
Puis avec un troisième homme.
Marc comprit.
Henri avait enregistré tout le monde.
Même lui.
L’inspectrice demanda :
— Où est Antoine ?
Marc resta silencieux.
— Où est-il ?
Il finit par répondre :
— Je ne sais pas.
L’inspectrice posa une dernière photo.
Antoine était dessus.
Vivant.
Attaché sur une chaise.
Marc ferma les yeux.
— Vous l’avez trouvé.
— Oui.
— Alors vous savez.
— Nous savons que vous l’avez séquestré.
Marc ne répondit plus.
Puis il demanda :
— Et Henri ?
L’inspectrice répondit :
— Vous l’avez tué.
Marc sourit étrangement.
— Non.
— Quoi ?
— Je ne l’ai pas tué.
L’inspectrice resta silencieuse.
Marc ajouta :
— Je lui ai donné le médicament.
— Donc vous reconnaissez—
— Mais il était déjà mort.
Un silence glacial.
— Que voulez-vous dire ?
Marc regarda l’inspectrice.
— Quand je suis parti, Henri était vivant.
— Alors ?
Marc murmura :
— Quelqu’un d’autre est entré après moi.
PARTIE 13 — LE SECOND MEURTRE
La police retourna immédiatement à la villa.
Une nouvelle analyse des images de surveillance fut effectuée.
Une silhouette était entrée après Marc.
Elle avait utilisé une clé.
Pas une clé copiée.
Une clé officielle.
L’inspectrice regarda la liste des personnes possédant cette clé.
Henri.
Laurent Dubois.
La gouvernante.
Et…
Claire.
Claire fut interrogée.
— J’avais une clé, oui.
— Pourquoi ?
— Papa me l’avait donnée.
— Quand ?
— Quelques semaines avant sa mort.
— Pourquoi ?
Claire hésita.
— Il m’a dit que j’en aurais besoin.
— Pour quoi faire ?
Claire ne savait pas.
L’inspectrice lui montra la vidéo.
Claire entra dans le bureau d’Henri à 00 h 28.
Elle sortit à 00 h 52.
Mais la caméra ne montrait pas ce qui s’était passé à l’intérieur.
Claire se souvenait seulement d’une chose.
Henri lui avait demandé de partir.
Il lui avait dit :
« Ne reste pas. »
Elle avait obéi.
Mais lorsqu’elle était sortie…
Henri était vivant.
L’inspectrice demanda :
— Avez-vous touché à ses médicaments ?
— Non.
— Êtes-vous certaine ?
— Oui.
— Avez-vous vu quelqu’un ?
Claire réfléchit.
Puis elle se souvint.
Une odeur.
Une odeur de parfum.
Un parfum qu’elle connaissait.
Elle regarda l’inspectrice.
— Ma mère.
L’inspectrice fronça les sourcils.
— Votre mère est morte.
— Je sais.
— Alors ?
Claire murmura :
— C’était le même parfum que celui d’Élise.
Élise fut ramenée au commissariat.
Elle nia d’abord.
Puis elle finit par avouer.
Elle était entrée dans la maison.
Mais elle n’avait pas tué Henri.
Elle avait simplement voulu récupérer les documents qu’il lui avait demandé de protéger.
— Quand je suis arrivée, il était déjà au sol.
— Vous l’avez touché ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Pour vérifier s’il respirait.
— Et ?
— Il respirait encore.
— Pourquoi ne pas avoir appelé les secours ?
Élise pleura.
— Parce qu’il m’a demandé de ne pas le faire.
L’inspectrice resta silencieuse.
— Pourquoi ?
Élise répondit :
— Parce qu’il savait qu’il allait mourir.
PARTIE 14 — LA DERNIÈRE VOLONTÉ D’HENRI
La vérité finale était différente de ce que tout le monde imaginait.