Mais pourquoi Vanessa avait-elle accepté de travailler avec lui ?
La réponse se trouvait dans les courriels retrouvés sur l’ordinateur de Brittany.
Jonathan lui avait promis une part des bénéfices.
Il lui avait également fait croire qu’il pourrait obtenir une situation financière stable pour sa fille.
Vanessa, de son côté, voulait obtenir suffisamment d’argent pour quitter Marcus sans repartir les mains vides.
Les deux avaient trouvé un intérêt commun.
Ils avaient donc construit un plan.
D’abord, fragiliser ma position dans la maison.
Ensuite, faire croire à mon père que j’étais instable et agressive.
Puis obtenir des documents lui permettant de modifier les droits de propriété.
Enfin, vendre la maison et partager les bénéfices.
Mais une chose les avait empêchés de réussir.
Les enregistrements de surveillance.
Et la lettre de ma mère.
Un soir, Daniel nous appela pour nous informer qu’il avait retrouvé une nouvelle pièce.
Il s’agissait d’un échange de messages entre Vanessa et Jonathan, datant de deux semaines avant la fausse agression.
Le message de Vanessa disait :
« Si la fille quitte la maison, Marcus sera plus facile à convaincre. Il ne supporte pas les conflits. Une fois qu’il sera seul avec moi, il signera. »
Jonathan avait répondu :
« Assure-toi qu’elle ne puisse pas revenir. Nous n’aurons pas de deuxième occasion. »
Je relus les lignes plusieurs fois.
Ce n’était donc pas une dispute improvisée.
La fausse agression faisait partie d’un plan.
Mon père posa les documents.
« Elle savait exactement ce qu’elle faisait. »
Je restai silencieuse.
Il me regarda.
« Je sais que tu as peur. Mais tu n’as plus à vivre dans cette peur. »
Je hochai la tête.
Pour la première fois, je le croyais vraiment.
CHAPITRE 12 — LA CONFRONTATION AVEC BRITTANY
Brittany demanda à me voir quelques jours plus tard.
Je n’étais pas certaine de vouloir accepter.
Mais Daniel m’expliqua qu’elle avait fourni des informations supplémentaires et qu’elle souhaitait me parler sans la présence de son père ni de sa mère.
Nous nous retrouvâmes dans un petit café.
Elle était déjà installée lorsque j’arrivai.
Elle avait l’air nerveuse.
« Merci d’être venue », dit-elle.
Je m’assis.
« Qu’est-ce que tu veux me dire ? »
Elle posa ses mains autour de sa tasse.
« Je sais que tu me détestes. »
« Je ne suis pas venue pour parler de mes sentiments. »
Elle acquiesça.
« Je sais. Je veux seulement te raconter quelque chose que tu ne sais pas. »
Elle sortit son téléphone et me montra une ancienne photographie.
C’était une image de nous deux, prise plusieurs années auparavant.
Nous étions dans le jardin.
Elle riait et je tenais un gâteau d’anniversaire.
Je me souvenais de cette journée.
C’était avant que tout change.
Avant que Vanessa commence à me reprocher chaque chose.
Avant que Brittany ne devienne son ombre.
« Je me souviens », dis-je.
Brittany regarda la photographie.
« Je ne te détestais pas au début. »
Je ne répondis pas.
« Quand maman a épousé ton père, j’étais heureuse. Je pensais que nous allions devenir une vraie famille. Mais elle me répétait sans cesse que je devais faire attention à toi. Elle disait que tu étais privilégiée, que tu avais toujours eu tout ce que tu voulais et que je finirais par être oubliée. »
« Alors tu as commencé à me traiter comme une ennemie. »
Elle acquiesça.
« Oui. »
Je regardai la table.
« Tu avais pourtant ton propre père. »
Elle eut un petit sourire triste.
« C’est justement ce qui rendait les choses compliquées. Jonathan ne s’est jamais vraiment occupé de moi. Il m’appelait lorsqu’il avait besoin de quelque chose, puis disparaissait. Quand il est revenu, j’ai voulu croire qu’il m’aimait enfin. »
Elle essuya une larme.
« Il me disait que j’étais intelligente, que je méritais mieux, que Marcus ne me considérait pas comme sa fille. Et maman répétait la même chose. »
Je compris qu’elle avait été manipulée.
Mais je savais aussi qu’elle avait pris ses propres décisions.
« Tu aurais pu me parler. »
Elle baissa les yeux.
« J’aurais pu. »
« Tu aurais pu me demander si je voulais te faire du mal. »
« Oui. »
« Mais tu as préféré me faire souffrir. »
Elle hocha la tête.
« Je sais. »
Je pris une profonde inspiration.
« Brittany, je ne veux pas passer le reste de ma vie à te détester. Mais je ne veux pas non plus faire semblant que nous pouvons redevenir proches simplement parce que ta mère a disparu. »
« Je comprends. »
« Tu devras répondre de ce que tu as fait. Et si tu veux un jour reconstruire une relation avec moi, tu devras être honnête. Même lorsque cela ne t’arrangera pas. »
Elle acquiesça.
Puis elle sortit une petite clé de son sac.
« J’ai trouvé ça dans les affaires de maman. »
Je la pris.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« La clé d’un coffre dans un établissement de stockage. Elle disait que personne ne devait y toucher. »
Je regardai la clé.
Un numéro était gravé dessus.
B-214.
Je relevai les yeux.
« Tu sais ce qu’il y a dedans ? »
Brittany secoua la tête.
« Non. Mais je pense que c’est lié à Jonathan. »
Je sentis mon estomac se nouer.
Nous n’avions pas encore atteint la fin de cette histoire.
CHAPITRE 13 — LE COFFRE B-214
Le lendemain, Daniel nous accompagna dans l’établissement de stockage.
Le bâtiment était situé à une trentaine de minutes de notre maison.
Il s’agissait d’un grand entrepôt sécurisé composé de centaines de compartiments.
Le responsable vérifia les documents juridiques avant de nous conduire au secteur B.
Le coffre 214 se trouvait au fond d’un couloir.
La clé fonctionna.
À l’intérieur, il y avait trois cartons, un ordinateur portable et une grande enveloppe brune.
Mon père ouvrit le premier carton.
Il contenait des photographies de différentes propriétés du quartier.
Le deuxième contenait des documents financiers.