— Aussi.

Puis elle devint sérieuse.

— Si ce jour-là je n’avais pas dit : « Même le trône ne te reconnaîtrait pas »…

il aurait peut-être continué à dormir.

Maëlle resta silencieuse.

— Peut-être.

— Alors tout a commencé à cause d’une phrase cruelle.

— Oui.

Aurelia baissa les yeux.

— C’est difficile à accepter.

Maëlle répondit :

— Ce qui compte, ce n’est pas de transformer cette cruauté en bonne action parce qu’elle a eu une conséquence utile.

Elle était mauvaise avant que le trône bouge.

Aurelia hocha la tête.

— Et après ?

— Après, tu as eu des choix.

Tu en as fait de meilleurs.

Aurelia regarda la main de pierre exposée au loin.

— Et si le trône ne s’était jamais tourné ?

Maëlle répondit doucement :

— Je serais peut-être encore là.

Aurelia ferma les yeux.

— Voilà pourquoi j’ai soutenu toutes ces réformes.

— Je sais.

— Pour que la prochaine personne n’ait pas besoin d’un miracle.

Maëlle sourit.

— Exactement.

Puis elles regardèrent ensemble le vieux siège d’or.

Le trône qui s’était détourné d’un roi.

Le trône qui avait regardé une jeune fille de pierre.

Le trône auquel des générations avaient attribué trop de pouvoir.

Au fond…

il n’avait jamais dit :

« Voilà votre reine. »

Il avait seulement refusé de participer plus longtemps à un mensonge administratif.

Et parfois…

dans un royaume obsédé par les symboles…

le geste le plus révolutionnaire qu’un trône puisse accomplir n’était pas de choisir qui devait s’y asseoir.

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C’était de se détourner du pouvoir assez longtemps pour obliger tout le monde à regarder enfin la personne qu’il avait réduite au silence.

FIN.

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