« À Claire et à la vie que nous n’avons pas eue. Le temps s’arrête, mais mon amour pour toi est éternel. V. »

Lily entra en trombe dans le salon, ses joues rosies par l’air marin, portant fièrement dans ses petites mains un bouquet de fleurs sauvages qu’elle venait de cueillir près de la clôture.

Des lys sauvages, éclatants de blancheur.

— Regarde, maman ! s’écria-t-elle avec ce rire cristallin qui chassait chaque ombre de mon cœur. Pour toi !

Elle s’arrêta devant moi, ses grands yeux gris d’orage — les yeux de son père — brillant d’une intelligence vive et pure.

Je m’agenouillai devant elle, prenant le bouquet tremblant et la serrant fort contre mon cœur.

— Ils sont magnifiques, mon ange. Les plus beaux du monde.

Lily leva les yeux vers le ciel crépusculaire, où la première étoile de la nuit commençait à scintiller au-dessus de l’océan infini.

— Tu crois que papa nous voit depuis son étoile ? me demanda-t-elle avec la douce certitude de l’enfance.

Je caressai ses cheveux noirs, inspirant l’odeur d’herbe fraîche et d’innocence qui émanait d’elle, et pour la première fois depuis cinq ans, mon cœur ne saigna pas en pensant à Vincent Moretti.

— Je ne le crois pas, mon trésor, répondis-je dans un souffle doux et serein. J’en suis absolument certaine. Il veille sur nous à chaque seconde. Et cette fois, personne ne pourra jamais nous séparer de son amour.