Qu’ils puissent enfin partir dans deux directions différentes sans que l’un ait besoin de détruire l’autre.
Plus tard, la réception se vida.
Élise resta seule quelques minutes près de la piscine.
Elle retira ses chaussures.
S’assit au bord.
Puis plongea doucement ses pieds dans l’eau.
La même eau qui, deux ans auparavant, avait représenté l’humiliation.
Cette fois, elle était calme.
Claire.
Presque chaude.
Maître Delmas passa derrière elle.
— Prudente.
Élise sourit.
— Cette fois, j’entre volontairement.
Il rit.
Puis repartit.
Élise regarda les lumières de Cannes.
Elle pensa à son père.
À sa mère.
À Antoine.
À Camille.
Aux années pendant lesquelles elle s’était rendue plus petite pour que les autres se sentent plus grands.
Puis elle regarda son reflet.
Deux ans auparavant, elle était sortie de cette piscine trempée devant une centaine de personnes.
Elle avait pensé que c’était probablement le moment le plus humiliant de sa vie.
Elle avait eu tort.
Ce n’était pas le soir où elle avait tout perdu.
C’était le soir où elle avait découvert ce qui lui appartenait encore.
Sa voix.
Son nom.
Son choix.
Sa liberté.
Et surtout, cette capacité qu’Antoine avait toujours sous-estimée :
celle de rester calme sans jamais être faible.
Au loin, une voiture noire quitta l’allée.
Puis une autre.
Cette fois, aucune arrivée mystérieuse.
Aucun conseil.
Aucun renversement de pouvoir.
Juste la fin d’une soirée.
Élise resta quelques minutes.
Puis se leva.
Elle regarda une dernière fois la piscine.
Et murmura pour elle-même :
— Cette fois, c’est moi qui décide quand je sors.
Elle remit ses chaussures.
Puis quitta la terrasse.
Sans convoi.
Sans avocat.
Sans mari.
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Sans besoin d’impressionner personne.
Et pour la première fois depuis très longtemps, cela lui sembla être la forme la plus pure du pouvoir.