Leur empire de mensonges commençait enfin à s’effondrer.
Chapitre 12 — Vivienne Whitmore et le prix de l’arrogance
Trois semaines après l’audience, je reçus un appel inattendu.
C’était Henry Caldwell, le directeur du Grand Astoria.
« Monsieur Valerio, je pense que vous devriez savoir quelque chose. »
« Je vous écoute. »
« Madame Whitmore est venue ici hier. Elle souhaite vous rencontrer. »
Je souris légèrement.
« Pourquoi ? »
« Elle affirme avoir des informations concernant les opérations de son mari. »
Je réfléchis quelques secondes.
« Organisez un rendez-vous. Mais pas au gala. »
Le lendemain, Vivienne arriva dans mon bureau.
Elle ne portait plus ses bijoux habituels.
Son visage semblait fatigué.
Elle s’assit en face de moi.
« Monsieur Valerio… »
« Dominic suffira. »
Elle baissa les yeux.
« Je voudrais vous présenter mes excuses. »
Je ne répondis pas.
Elle poursuivit :
« Ce soir-là, je ne savais pas qui vous étiez. Je pensais que vous étiez un invité sans importance. »
Je la regardai longuement.
« C’est précisément le problème, Vivienne. Vous avez pensé qu’un homme sans fortune méritait d’être humilié. »
Elle ferma les yeux.
« Je sais. »
« Si le directeur ne m’avait pas reconnu, auriez-vous présenté des excuses ? »
Elle ne répondit pas.
Je me penchai légèrement en avant.
« Vous voyez ? Je n’avais pas besoin que vous connaissiez mon nom pour me traiter avec respect. »
Elle essuya une larme.
Puis elle sortit une enveloppe.
« J’ai apporté quelque chose. »
Je l’ouvris.
À l’intérieur se trouvaient des copies de virements bancaires, des courriels et des contrats.
Certains concernaient directement Richard.
D’autres faisaient référence à des paiements destinés à Edward Sinclair.
Je relevai les yeux.
« Comment avez-vous obtenu ces documents ? »
« Richard les conservait dans un coffre privé. Il pensait que personne ne les trouverait. »
« Pourquoi me les donner ? »
Elle hésita.
« Parce que j’ai découvert que mon mari m’avait également utilisée. Il a fait transférer une partie de ses actifs à mon nom pour que je puisse être accusée à sa place si l’enquête avançait. »
Je parcourus les documents.
Elle avait raison.
Plusieurs comptes étaient ouverts à son nom.
Certains transferts semblaient avoir été effectués sans qu’elle en ait connaissance.
« Vous comprenez que ces documents ne vous exonèrent pas automatiquement de toute responsabilité ? »
« Oui. »
« Vous devrez coopérer avec les enquêteurs. »
Elle acquiesça.
Avant de partir, elle se retourna.
« Dominic… Je sais que vous n’avez aucune raison de me croire, mais Richard a conservé un dernier dossier. Il concerne votre père. »
Je me redressai.
« Quel dossier ? »
« Un dossier médical. »
Elle hésita.
« Il contient le nom de la personne qui a modifié son traitement avant sa mort. »
Je sentis mon cœur se serrer.
« Où se trouve-t-il ? »
« Dans le coffre personnel de Richard, à Londres. »
Je regardai l’enveloppe.
Vivienne venait de me donner la dernière pièce du puzzle.
Chapitre 13 — Le dernier secret d’Alessandro
Quelques jours plus tard, Thomas et moi nous rendîmes à Londres.
Les enquêteurs avaient obtenu les autorisations nécessaires pour examiner le coffre de Richard Whitmore.
Nous y trouvâmes plusieurs documents financiers, des passeports et des dossiers médicaux.
L’un d’eux portait le nom de mon père.
Il contenait des relevés d’hospitalisation, des prescriptions et une série de rapports signés par un médecin privé.
Au bas d’une page figurait le nom d’une infirmière.
Helen Morris.
Elle avait travaillé dans la résidence médicale où mon père avait séjourné peu avant sa mort.
Les enquêteurs la retrouvèrent dans une petite ville du sud de l’Angleterre.
Elle accepta de témoigner après avoir bénéficié d’une protection adaptée.
Lors de son audition, elle expliqua qu’on lui avait demandé de modifier certaines informations dans le dossier médical d’Alessandro.
Elle avait refusé.
Mais elle avait entendu une conversation entre Edward Sinclair et un homme travaillant pour Gabriel.
La discussion concernait une prescription qui ne correspondait pas au traitement habituel de mon père.
Elle avait ensuite découvert que les documents avaient été modifiés après son départ de service.
Son témoignage permit de renforcer considérablement l’enquête.
Pour la première fois, nous disposions d’éléments concrets reliant les manœuvres financières aux circonstances suspectes de la mort d’Alessandro.
Mais une autre découverte nous attendait.
Dans une pochette glissée derrière le dossier médical se trouvait une lettre.
Elle était adressée à ma mère.
Je la reconnus immédiatement.
L’écriture de mon père.
Thomas me la tendit.
Je l’ouvris.
« Elena,
Si tu lis cette lettre, cela signifie que je n’ai pas réussi à empêcher ce qui se prépare.
Je veux que tu saches une chose.
Je n’ai jamais regretté de t’avoir choisie.
Je n’ai jamais regretté de t’avoir donné mon nom.
Et je n’ai jamais regretté d’avoir eu Dominic et Sofia.
Si notre famille devait être détruite par ceux qui prétendent la protéger, je veux que nos enfants sachent qu’ils ne sont pas responsables.
L’argent reviendra peut-être.
Les immeubles pourront être reconstruits.
Les entreprises pourront être vendues et remplacées.
Mais une famille ne se rachète pas.
Je t’aime.
Alessandro. »
Je restai longtemps sans bouger.
Je n’avais pas pleuré devant les journalistes.
Je n’avais pas pleuré devant Gabriel.
Je n’avais pas pleuré lorsque j’avais découvert que ma mère et ma sœur étaient vivantes.
Mais cette fois, les larmes montèrent.
Mon père avait compris ce qui allait arriver.
Il avait essayé de nous protéger.
Et même dans ses derniers instants, il avait pensé à nous.
Je repliai la lettre.
« Thomas, je veux que cette lettre soit remise à ma mère. »
Il acquiesça.
« Et après ? »
Je regardai par la fenêtre.
« Après, nous allons récupérer notre nom. »
Chapitre 14 — Le retour de l’héritier
Six mois passèrent.
L’enquête avait révélé un système de fraude bien plus vaste que prévu.
Plusieurs sociétés avaient été utilisées pour transférer des actifs de Valerio Holdings vers des comptes privés.