Thomas continua.

« Claire affirme qu’elle ne savait rien de la mort de Julien. Elle affirme que Marc ment. »

Puis :

« Je ne sais plus à qui faire confiance. »

Thomas tourna la page.

« Ce soir, Claire m’a demandé de choisir entre elle et mon frère. »

Ses mains tremblaient.

« J’ai choisi Claire. »

Thomas s’arrêta.

Il regarda Élodie.

— Ce n’est pas possible.

Mais la lettre continuait.

« Marc a essayé de la tuer. Je l’ai arrêté. Je l’ai cachée dans l’ancien passage pour qu’il ne la trouve pas. »

Thomas sentit son cœur se déchirer.

Il se souvenait maintenant.

Tout revenait.

Claire n’était pas morte.

Il ne l’avait pas tuée.

Il l’avait cachée.

Pour la protéger.

Mais quelque chose s’était produit.

Marc avait découvert le passage.

Thomas avait essayé de conduire Claire ailleurs.

Il l’avait placée dans sa voiture.

Puis…

un accident.

Une autre voiture.

Un choc.

Thomas avait perdu connaissance.

Quand il s’était réveillé, Claire n’était plus là.

Il avait cru qu’elle était morte.

Marc lui avait dit qu’il s’en était occupé.

Thomas avait été tellement traumatisé qu’il avait enfoui les souvenirs.

Mais Claire n’était jamais morte.

PARTIE 13 — LA FEMME QUI PLEURAIT

Élodie trouva enfin une piste.

Un hôpital situé à plus de deux cents kilomètres.

Une femme inconnue y avait été admise huit mois auparavant.

Sans papiers.

Sans téléphone.

Elle avait été retrouvée inconsciente près d’une route.

Son visage avait été gravement blessé.

Elle avait survécu.

Mais elle avait perdu une partie de sa mémoire.

Elle vivait depuis plusieurs mois sous un nom provisoire.

Élodie regarda la photographie du dossier.

Thomas n’eut aucun doute.

C’était Claire.

Il s’effondra sur sa chaise.

— Elle est vivante.

Pour la première fois depuis huit mois…

il pleura.

Pas de peur.

Pas de culpabilité.

Mais de soulagement.

Ils prirent la route immédiatement.

Quand Thomas entra dans la chambre d’hôpital, Claire était assise près de la fenêtre.

Elle regardait dehors.

Thomas s’arrêta à quelques mètres.

Claire se retourna.

Leurs regards se croisèrent.

Pendant plusieurs secondes, personne ne parla.

Puis Claire murmura :

— Thomas ?

Il acquiesça.

Elle porta une main à sa bouche.

— Lucas ?

Thomas répondit :

— Il va bien.

Claire ferma les yeux.

Des larmes coulèrent sur ses joues.

Thomas s’approcha.

— Pourquoi ?

Claire secoua la tête.

— Je voulais revenir.

— Alors pourquoi tu ne l’as pas fait ?

— Parce que Marc m’a retrouvée.

Thomas resta silencieux.

Claire continua :

— Après l’accident, je pensais que j’allais mourir. J’ai réussi à m’échapper. Mais Marc savait que j’étais vivante.

— Pourquoi ne pas avoir appelé la police ?

Claire regarda ses mains.

— Parce que je pensais que tu étais avec lui.

Thomas sentit son cœur se briser.

— Moi ?

— Il m’a dit que tu avais choisi de me laisser mourir.

Thomas secoua la tête.

— Non.

— Je le sais maintenant.

Elle pleura.

— Je suis désolée.

Thomas s’assit près d’elle.

— Moi aussi.

PARTIE 14 — LE PÈRE DE LUCAS

Mais il restait une vérité.

Lucas n’était pas le fils biologique de Thomas.

Claire le lui confirma.

— Julien était son père.

Thomas regarda le sol.

— Pourquoi ne me l’as-tu jamais dit ?

— J’avais peur.

— De moi ?

— Non.

Elle secoua la tête.

— De tout perdre.

Thomas resta silencieux.

— Julien et moi avons fait une erreur, dit Claire. Une seule fois. Avant notre mariage.

— Et tu ne m’as jamais rien dit.

— Parce que je t’aimais.

Thomas eut un sourire triste.

— Ce n’est pas une excuse.

— Je sais.

Il regarda par la fenêtre.

Puis il demanda :

— Est-ce que tu regrettes ?

Claire répondit après quelques secondes :

— Chaque jour.

— La relation ?

— Non.

Elle regarda Thomas.

— De ne pas avoir été honnête avec toi.

Thomas resta longtemps silencieux.

Puis il dit :

— Lucas est mon fils.

Claire pleura.

— Biologiquement, non.

— Je sais.

Thomas se tourna vers elle.

— Mais je l’ai élevé. Je l’ai accompagné à l’école. Je lui ai appris à faire du vélo. J’étais là quand il a eu de la fièvre. Quand il a perdu sa première dent. Quand il a fait son premier cauchemar.

Il posa une main sur son cœur.

— C’est ça, être son père.

Claire acquiesça en pleurant.

PARTIE 15 — MARC

La police retrouva Marc trois jours plus tard.

Il n’essaya pas de fuir.

Il attendait dans son appartement.

Sur la table se trouvait une valise.

Et plusieurs dossiers.

Lors de son arrestation, il demanda seulement :

— Claire est-elle vivante ?

L’inspectrice répondit :

— Oui.

Marc ferma les yeux.

Puis il murmura :

— Alors tout est terminé.

Il finit par parler.

Il avoua avoir découvert la relation entre Claire et Julien.

Il avoua avoir appris que Lucas n’était pas le fils de Thomas.

Il avoua avoir utilisé cette information pour manipuler Thomas.

Mais il nia avoir tué Julien.

Pendant plusieurs heures, il maintint cette version.

Puis les enquêteurs retrouvèrent les preuves.

Des relevés.

Des appels.

Des enregistrements.

Des documents financiers.

Marc finit par céder.

Il admit avoir saboté la voiture de Julien.

Il avait voulu lui faire peur.

Mais il savait que la voiture pouvait être dangereuse.

Il avait espéré que Julien se tairait.

Julien n’avait pas survécu.

Marc avait ensuite dissimulé les preuves.

Des années plus tard, Claire avait découvert la vérité.

Et Marc avait paniqué.

Il l’avait enfermée dans la maison.

Puis Thomas était arrivé.

Une dispute avait éclaté.

Claire s’était enfuie.

Thomas l’avait retrouvée.

Il avait essayé de la protéger.

Puis l’accident avait tout changé.

Marc avait cru Claire morte.

Quand il avait découvert qu’elle avait survécu, il avait continué à la rechercher.

Pendant huit mois.

PARTIE 16 — LE DERNIER SECRET

Mais quelque chose continuait de déranger Thomas.

Le téléphone sous le plancher.

Les pleurs.

La voix de Claire.

Et surtout…

Lucas.

Un soir, après le retour de Claire, Thomas s’assit avec son fils.