Elle avait acheté un test ADN.

Elle voulait parler à son mari.

Mais quelqu’un l’avait découverte.

Marc.

Pourquoi ?

Parce que Marc avait un secret.

Julien n’était pas mort simplement dans un accident.

Il avait découvert que Marc détournait de l’argent d’une société familiale.

Julien avait menacé de le dénoncer.

Marc avait provoqué l’accident.

Ou du moins…

il avait laissé la voiture de Julien sans entretien alors qu’il savait qu’un problème mécanique pouvait provoquer une catastrophe.

La mort de Julien avait été classée comme accident.

Mais Marc avait toujours eu peur qu’un jour quelqu’un découvre la vérité.

Et Claire avait découvert les preuves.

Elle avait compris que Marc avait quelque chose à voir avec la mort de Julien.

Alors Marc avait voulu la faire taire.

PARTIE 9 — LA NUIT DE LA DISPARITION

Thomas regardait les images de la caméra de surveillance.

Enfin, les policiers avaient récupéré les enregistrements d’une maison voisine.

La nuit de la disparition.

23 h 38.

Une voiture arrivait.

Thomas la reconnut.

C’était celle de Marc.

23 h 46.

Marc entrait dans la maison.

23 h 51.

Claire apparaissait à la fenêtre.

Elle semblait se disputer avec quelqu’un.

00 h 07.

Thomas arrivait.

Il était ivre.

Il ouvrait la porte.

00 h 13.

La lumière de la chambre de Lucas s’éteignait.

00 h 22.

Marc sortait.

Seul.

Thomas fixa l’écran.

— Pourquoi ai-je oublié tout ça ?

Élodie répondit :

— Vous n’avez peut-être pas oublié.

Thomas la regarda.

— Quoi ?

— Vous avez peut-être simplement voulu oublier.

Puis ils regardèrent la suite.

00 h 31.

Une silhouette apparaissait dans le jardin.

Une femme.

Claire.

Elle courait.

Elle regardait derrière elle.

Puis elle disparaissait du champ de la caméra.

00 h 34.

Une seconde silhouette sortait de la maison.

Marc.

Il tenait quelque chose dans sa main.

00 h 37.

Thomas sortait.

Il courait dans la même direction.

Puis plus rien.

Élodie arrêta la vidéo.

— Nous devons retrouver l’endroit où ils sont allés.

Thomas murmura :

— Je sais.

— Où ?

Il regarda la maison.

Puis le mur.

— Sous la maison.

PARTIE 10 — LE SOUS-SOL

Le sous-sol était plus ancien que le reste de la maison.

Il y avait un ancien tunnel.

Un passage muré depuis des décennies.

Thomas ne l’avait jamais remarqué.

Les policiers retirèrent plusieurs pierres.

Une odeur froide s’échappa.

Au fond du passage se trouvait une petite pièce.

Vide.

Sauf une chaise.

Une couverture.

Une bouteille.

Et des traces de sang.

Thomas sentit ses jambes faiblir.

Élodie l’empêcha d’avancer.

— Restez derrière nous.

Le technicien inspecta le sol.

Puis il trouva quelque chose.

Un petit pendentif.

Thomas le reconnut immédiatement.

C’était celui de Claire.

Puis un deuxième objet.

Une chaussure.

Puis un morceau de tissu.

Mais aucun corps.

Élodie fronça les sourcils.

— Elle était ici.

Thomas regarda autour de lui.

— Alors où est-elle ?

Un policier répondit :

— Il y a un autre passage.

Ils suivirent les traces.

Le tunnel remontait derrière la maison.

Puis débouchait dans une ancienne remise abandonnée.

La porte était verrouillée de l’intérieur.

Ils l’ouvrirent.

Et là…

ils trouvèrent un téléphone.

Pas celui de Claire.

Un autre.

Celui de Marc.

Il contenait des centaines de messages.

Et un dernier message envoyé huit mois auparavant.

À un numéro inconnu.

« Elle sait tout. Je m’en occupe ce soir. »

Thomas sentit son cœur se serrer.

Puis le téléphone vibra.

Tout le monde se figea.

Un nouveau message venait d’arriver.

Le numéro était toujours actif.

Le message disait :

« Vous cherchez Claire au mauvais endroit. »

Puis un second message apparut.

« Elle n’est pas sous la maison. »

Et enfin :

« Elle est là où Thomas l’a laissée. »

PARTIE 11 — LE SOUVENIR

Thomas recula.

— Je ne l’ai laissée nulle part.

Élodie le regarda.

— Essayez de vous souvenir.

— Je vous ai dit que je ne savais pas.

— Vous avez dit que vous aviez perdu deux heures.

— Oui.

— Peut-être qu’elles ne sont pas complètement perdues.

Thomas ferma les yeux.

La pièce devint silencieuse.

Et soudain…

un souvenir.

Une porte.

Une lumière rouge.

Claire qui pleure.

Marc qui crie.

Thomas qui tient quelque chose.

Puis une voix.

Sa propre voix.

« Il faut la cacher. »

Thomas ouvrit les yeux.

Il respirait difficilement.

— Non.

Élodie s’approcha.

— Qu’avez-vous vu ?

Thomas répondit :

— Une voiture.

— Quelle voiture ?

— La mienne.

— Où ?

— Dans le garage.

Élodie comprit.

Ils retournèrent dans le garage.

La voiture de Thomas n’avait pas bougé depuis huit mois.

Elle avait été vendue aux enchères après la disparition.

Mais une ancienne photographie de l’enquête montrait le véhicule.

Élodie demanda qu’on examine les archives.

Ils découvrirent quelque chose.

Le coffre avait été nettoyé.

Mais pas parfaitement.

Un morceau de fibre avait été retrouvé dans la garniture.

L’ADN correspondait à Claire.

Thomas resta pétrifié.

— Mon Dieu.

Élodie lui demanda :

— Vous avez conduit cette voiture cette nuit-là ?

Thomas secoua la tête.

— Je ne m’en souviens pas.

— Mais quelqu’un l’a fait.

Ils retrouvèrent l’ancien propriétaire.

Puis le mécanicien.

La voiture avait été déplacée vers une ancienne carrière à quinze kilomètres de la maison.

Et là…

dans un fossé…

ils trouvèrent quelque chose.

Une couverture.

Une petite lampe.

Et des traces anciennes.

Mais toujours aucun corps.

Jusqu’à ce qu’un enquêteur remarque une plaque métallique au fond du fossé.

Il la souleva.

Dessous se trouvait une boîte.

Dans la boîte :

une clé USB.

Et une lettre.

PARTIE 12 — LA LETTRE DE THOMAS

La lettre n’était pas de Claire.

Elle était de Thomas.

Datée de huit mois auparavant.

Thomas la lut avec incrédulité.

Il ne se souvenait pas de l’avoir écrite.

Elle disait :

« Si je lis cette lettre un jour, c’est que j’ai échoué à protéger Claire. »

Thomas trembla.

La suite était encore plus terrible.

« Marc me fait croire que Claire a tué Julien. Il a fabriqué des preuves. Il me montre des documents. Je ne sais plus ce qui est vrai. »