Julien hocha la tête. Il regarda cette maison monumentale, ce symbole d’opulence et d’élégance qui n’avait été, pendant des décennies, qu’un tombeau doré dissimulant la monstruosité et la folie d’une caste obsédée par sa propre survie.

« Je ne m’appelle pas Valmont, Marc, répondit doucement Julien. Et cet endroit n’a jamais été le mien. »

« Qu’allez-vous faire ? demanda le vieil homme. »

Julien se tourna vers Hélène. Leurs regards se croisèrent, dépouillés de tout mensonge, de toute complaisance et de toute lâcheté. Il n’y avait plus de fortune aristocratique à défendre, plus d’héritage maudit à préserver, plus de faux honneur à laver. Il ne restait que trois survivants au bord d’un gouffre qu’ils venaient d’éviter de justesse.

« Nous partons, dit Hélène en serrant la main de son mari. Nous laissons les juges et les généalogistes démêler cette fange. Julien cherchera ses vraies origines, si son cœur le lui demande. Mais notre famille commence aujourd’hui, ailleurs, dans la vérité. »

Julien prit le petit sac qu’il avait préparé à la hâte. Il glissa sa main libre dans celle d’Hélène. Ensemble, sans un seul regard en arrière vers les hauts murs de pierre qui s’effondraient déjà sous le poids de leurs secrets enfin révélés, ils descendirent les marches et franchirent le grand portail de fer forgé pour s’avancer dans la clarté du petit matin.