Alessandro s’arrêta un instant pour contempler sa fille. Son regard n’était plus terni par la peur. Ses joues avaient repris leurs couleurs d’enfance, et son rire remplissait les couloirs autrefois glacés du palais.

En descendant de son escabeau, Alessandro s’approcha d’elle et la souleva dans ses bras pour qu’elle puisse poser l’étoile elle-même sur la plus haute branche.

« Regarde, papa, » dit Livia en admirant la lumière qui se reflétait dans le métal poli. « C’est maman qui brille tout en haut. »

« Oui, mon ange, » répondit Alessandro en posant son front contre le sien. « Elle brille pour nous rappeler que nous avons retrouvé notre chemin. »

La blessure avait été terrible, née de la vanité et de la violence d’un monde superficiel, mais elle avait permis d’abattre les murailles de verre qui séparaient un père de son devoir le plus sacré. Dans la chaleur retrouvée du vieux manoir toscan, il n’y avait plus de place pour les mariages d’intérêt, les masques d’hypocrisie ou la peur. Il ne restait que l’essentiel : la vérité d’un amour filial reconstruit sur les décombres de l’arrogance, plus fort et plus inébranlable que tous les empires du monde.