Un soupir immense a soulevé ma poitrine. La tension surhumaine qui maintenait mes muscles raides depuis des jours s’est dissipée d’un coup, laissant place à une fatigue immense mais sereine.

Léa s’est tournée vers moi. Les larmes roulaient silencieusement sur ses joues, mais ses yeux brillaient d’une lumière nouvelle, débarrassée à jamais de l’ombre de la peur. Elle a glissé son bras sous le mien, serrant fermement ma main blessée.

La justice des hommes mettrait encore des mois à régulariser nos dossiers administratifs, à effacer formellement les fausses condamnations et à nous rendre nos libertés civiles pleines et entières. Mais au milieu de cette foule agitée, sous le ciel de Paris qui s’éclaircissait enfin, nous n’étions déjà plus des détenues.

Nous étions une mère et sa fille, réunies par le courage, délivrées par la vérité, prêtes à réécrire ensemble chaque page de l’avenir qu’on avait tenté de nous voler.