Le capitaine plongea la main dans ma poche, extrayant le disque dur scellé et l’échantillon toxique. Il les examina un instant avec une gravité muette, avant de se tourner vers ses hommes.

« Sécurisez ces éléments sous scellés judiciaires immédiats. Prévenez le procureur. L’opération d’interpellation au manoir d’Aubigny est confirmée : arrestation de Charles d’Aubigny pour tentative d’assassinat en bande organisée. »

Il se tourna ensuite vers moi, son regard perdant un instant de sa rigidité militaire.

« Votre sœur est tirée d’affaire, Valmont. Elle a repris connaissance dans l’ambulance à la chapelle. Elle a fait une déposition préliminaire complète devant le substitut du procureur avant son transfert au centre hospitalier universitaire. La première chose qu’elle a dite quand le médecin lui a retiré son masque à oxygène… c’est qu’elle savait que vous viendriez. »

Un frisson me traversa l’échine, chassant toute l’épuisement accumulé pendant ces heures de folie.

Je fermai les yeux un court instant, laissant la pluie s’abattre sur mes paupières closes. Pour la première fois depuis six mois d’enfer, d’obscurité et de silence forcé, je pouvais enfin respirer.

Ils avaient cru pouvoir l’enfermer sous une dalle de marbre et m’enterrer vivant dans une cellule capitonnée pour que leurs mensonges continuent de briller dans les salons dorés de la haute société. Mais il y a des liens que ni les barreaux de fer, ni le poison chimique, ni le bois scellé d’un cercueil ne peuvent briser.

Alors que les gendarmes m’escortaient sans violence vers le fourgon cellulaire pour m’emmener témoigner devant le juge d’instruction, je jetai un dernier regard vers l’océan tumultueux en bas des falaises. Les vagues se fracassaient sur les rochers avec une fureur grandiose, mais elles ne détruisaient rien ; elles lavaient simplement la falaise de ses impuretés, ramenant la vérité brute et indestructible à la surface du monde.