Au bout de l’avenue, stationné devant la grille majestueuse de l’ambassade, le van utilitaire l’attendait.

Elena Cruz était debout près de la portière ouverte, son pansement au front baigné par la clarté naissante. Et contre elle, enveloppé dans sa couverture thermique, Daniel regardait fixement dans la direction de l’arsenal.

En apercevant la silhouette familière de son père s’avancer dans la lumière dorée du matin, le petit garçon écarta les bras avec un sourire éclatant qui effaça d’un coup toutes les ténèbres de cette nuit d’horreur.

Gabriel accéléra le pas. Il tomba à genoux sur les pavés humides de l’esplanade et accueillit son fils contre sa poitrine, le serrant de toutes ses forces, fermant les yeux pour respirer l’odeur de la vie qui triomphait enfin.

Au-dessus d’eux, le ciel d’octobre s’ouvrait dans une clarté pure et absolue. Sarah pouvait enfin reposer en paix, et Daniel était sauvé.