Décès : avant signature définitive.
Les enquêteurs se regardèrent.
Cette phrase changeait tout.
CHAPITRE 8 — LE NOM QU’ELLE N’AVAIT JAMAIS PRONONCÉ
Pendant ce temps, Claire demandait à voir Sophie.
« Il y a encore quelqu’un. »
Sophie fronça les sourcils.
« Qui ? »
Claire hésita.
« La personne qui a aidé Damien. »
« Tu connais son nom ? »
« Oui. »
« Qui est-ce ? »
Claire regarda la porte.
Puis murmura :
« Mon frère. »
Sophie resta silencieuse.
« Antoine ? »
Claire acquiesça.
Antoine était son frère cadet.
Il travaillait depuis huit ans dans le groupe.
Il était responsable des opérations financières.
Et surtout…
il avait toujours été proche de Damien.
Sophie secoua la tête.
« Non. »
« Je l’ai découvert il y a deux semaines. »
« Tu en es sûre ? »
Claire regarda son amie.
« J’ai les preuves. »
Elle lui tendit une clé USB.
« Mais je ne veux pas qu’il soit arrêté uniquement parce qu’il a travaillé avec Damien. »
Sophie comprit.
« Tu veux savoir pourquoi. »
« Exactement. »
Claire ferma les yeux.
« Damien est mon mari. Antoine est mon frère. »
Elle inspira profondément.
« Je dois savoir lequel des deux a cessé de m’aimer en premier. »
CHAPITRE 9 — ANTOINE
Antoine fut convoqué à 10 h 15.
Il arriva seul.
Pas d’avocat.
Pas de garde du corps.
Pas de colère.
Il entra dans la salle d’interrogatoire et s’assit.
Élodie lui posa une seule question.
« Où étiez-vous hier soir à 22 h 47 ? »
Antoine répondit immédiatement :
« Chez moi. »
« Quelqu’un peut le confirmer ? »
« Non. »
Élodie posa une photographie devant lui.
C’était une capture d’une caméra.
Antoine apparut dans le parking de l’hôpital.
Il ne parla plus.
« Vous voulez modifier votre réponse ? »
Il regarda la photo.
Puis ferma les yeux.
« Je suis venu voir ma sœur. »
« Vous êtes monté au trente-deuxième étage ? »
« Non. »
« Pourquoi étiez-vous dans le parking ? »
« Je voulais lui parler. »
« Vous ne l’avez pas fait ? »
« Non. »
Élodie posa une autre photographie.
Cette fois, on voyait Antoine entrer dans un ascenseur.
Il avait menti.
Mais ce n’était pas encore la preuve qu’il avait participé à la tentative de meurtre.
Élodie demanda :
« Pourquoi êtes-vous parti avant l’arrivée de la police ? »
Antoine resta silencieux.
Puis il murmura :
« Parce que j’avais peur. »
« De quoi ? »
Il leva les yeux.
« De mon frère. »
Élodie fronça les sourcils.
« Damien n’est pas votre frère. »
Antoine secoua la tête.
« Pas biologiquement. »
Puis il ajouta :
« Mais il m’a élevé comme si j’étais son frère. »
Élodie comprit qu’elle n’avait encore rien vu.
CHAPITRE 10 — LA VÉRITÉ SUR LES DEUX HOMMES
Antoine raconta tout.
Damien avait commencé à lui parler de la situation financière du groupe un an auparavant.
Il lui avait expliqué que Claire était devenue trop prudente.
Trop lente.
Trop attachée à certains projets.
Il lui avait proposé de l’aider à restructurer l’entreprise.
Antoine avait accepté.
Au début, il pensait simplement participer à une opération financière.
Puis les montants avaient augmenté.
Les sociétés écrans s’étaient multipliées.
Et Damien avait commencé à parler de succession.
« Il m’a dit qu’il voulait seulement protéger l’entreprise. »
Antoine avait la voix tremblante.
« Puis il m’a demandé de falsifier certains rapports. »
« Vous l’avez fait ? »
« Oui. »
« Pourquoi ? »
Antoine baissa la tête.
« Parce qu’il m’avait promis une partie du groupe. »
« Et lorsque Claire est tombée malade ? »
Il resta longtemps silencieux.
« J’ai compris. »
« Qu’avez-vous compris ? »
« Que ce n’était jamais une opération financière. »
Antoine essuya une larme.
« Il voulait qu’elle meure. »
CHAPITRE 11 — LE DERNIER MENSONGE DE DAMIEN
Lorsque Damien apprit qu’Antoine avait parlé, il comprit que tout était terminé.
Mais il avait encore une carte.
Il demanda à parler à Claire.
La demande fut refusée.
Alors il envoya une lettre.
Une seule page.
Claire la reçut trois jours plus tard.
Elle l’ouvrit.
Il n’y avait qu’une phrase.
TU NE SAIS PAS TOUT.
Claire resta immobile.
Sophie la regarda.
« Qu’est-ce qu’il veut dire ? »
Claire relut la phrase.
Puis elle comprit.
Damien ne parlait pas d’argent.
Il parlait du passé.
Elle retourna la feuille.
Au dos, il y avait une date.
Une date vieille de dix-sept ans.
Claire pâlit.
Elle connaissait cette date.
C’était la date de la mort de leur père.
Elle se leva brusquement.
« Sophie… »
« Quoi ? »
« Mon père n’est peut-être pas mort d’un accident. »
CHAPITRE 12 — DIX-SEPT ANS PLUS TÔT
Le père de Claire était mort dans un accident de voiture.
À l’époque, Claire avait vingt et un ans.
Antoine en avait dix-sept.
La version officielle était simple.
Route mouillée.
Perte de contrôle.
Collision.
Décès immédiat.
Mais Damien avait toujours été là.
Il avait été le dernier ami de leur père à lui parler avant l’accident.
Claire n’y avait jamais pensé.
Jusqu’à cette lettre.
Elle demanda les anciens dossiers.
Les archives furent retrouvées.
Et une anomalie apparut.
Le véhicule avait été inspecté après l’accident.
Un problème de frein avait été relevé.
Mais aucune enquête complémentaire n’avait été ouverte.
Pourquoi ?
Parce qu’une semaine avant l’accident…
leur père avait changé son testament.
Il voulait donner à Claire le contrôle futur de certaines participations.
Damien avait alors vingt-deux ans.
Il n’avait rien.
Rien à perdre.
Rien à gagner.
Du moins…
c’est ce que tout le monde croyait.
CHAPITRE 13 — LE DOCUMENT BRÛLÉ
Dans les archives, il manquait une pièce.
Le testament original.
Claire demanda où il se trouvait.
La réponse fut étrange.
« Il a été détruit dans un incendie. »
Claire resta silencieuse.
« Quel incendie ? »