ELLE CROYAIT HUMILIER UNE SERVANTE… MAIS LA ROSE CONNAISSAIT SON SECRET 😱🌹
PARTIE 1/5 — LA ROSE QUI A FAIT TAIRE LE PALAIS
Le cristal se mit à trembler sous les doigts de la servante.
Une lumière dorée apparut au cœur de la rose.
Puis, lentement, ses pétales transparents commencèrent à s’ouvrir.
Les rires s’arrêtèrent.
La princesse Solène recula, le visage livide.
« Non… C’est impossible ! »
Sur son trône, la reine Ysabeau se leva si brusquement que sa couronne faillit glisser.
« Impossible… La rose l’a choisie ! »
Le prince Adrien s’avança.
Il regarda la jeune domestique, puis sa mère.
« Mais qui est-elle vraiment ? »
À cet instant, un minuscule pétale d’or se détacha de la fleur de cristal.
Il flotta dans les airs.
Puis vint se poser dans la paume tremblante de la servante.
La reine porta une main à sa bouche.
Car elle avait déjà vu ce miracle.
Vingt-trois ans auparavant.
Et la dernière femme à l’avoir accompli avait été chassée du palais comme une criminelle.
Tout avait commencé quelques minutes plus tôt, dans la magnifique salle de bal du royaume d’Aubeterre.
Des lustres de cristal illuminaient les colonnes dorées.
Leurs reflets dansaient sur les sols de marbre blanc.
De somptueux rideaux couleur champagne encadraient les hautes fenêtres, tandis que les nobles se promenaient dans leurs plus beaux vêtements.
Au centre de la salle, une rose entièrement sculptée dans un cristal transparent reposait sur un piédestal d’or.
On l’appelait la Rose des Serments.
Selon une ancienne légende, elle avait été offerte à la première reine d’Aubeterre pour rappeler à ses descendants les devoirs de la couronne.
Mais au fil des générations, une autre histoire s’était imposée.
On affirmait désormais que la rose n’obéissait qu’au sang royal.
Chaque année, lors du Bal des Lumières, les membres de la famille régnante tentaient de la faire éclore.
Depuis des décennies, aucun n’y était parvenu.
Ce soir-là, la princesse Solène était déterminée à réussir.
À vingt-cinq ans, Solène était considérée comme la plus belle jeune femme de la cour.
Ses longs cheveux blonds tombaient sur une robe de velours rouge rubis brodée d’or.
Un diadème de diamants brillait sur sa tête.
Mais sous cette élégance se cachait un orgueil immense.
Elle méprisait ceux qui ne possédaient ni titre ni fortune.
Ses domestiques devaient marcher silencieusement derrière elle.
Ses dames de compagnie n’osaient jamais contredire ses décisions.
Et lorsqu’une personne lui déplaisait, elle savait la faire disparaître de son entourage d’un simple geste.
Ce soir-là, devant la cour, Solène posa délicatement les doigts sur la rose.
Les invités retinrent leur souffle.
Une seconde passa.
Puis deux.
Rien.
La fleur resta parfaitement immobile.
Le sourire de la princesse se crispa.
Quelques dames échangèrent des regards embarrassés.
Alors Solène aperçut une jeune servante qui attendait près d’une colonne.
Elle s’appelait Maïa Valette.
Elle avait vingt-trois ans.
Ses cheveux bruns étaient attachés derrière sa tête.
Elle portait une robe bleu pâle légèrement usée et un tablier ivoire.
Ses mains étaient abîmées par les longues journées de travail.
Maïa n’avait jamais connu le luxe.
Elle avait grandi dans le village de Clairval, au pied des montagnes, auprès de sa mère Éliane, qui entretenait de petits jardins et cultivait des plantes médicinales.
Après la mort d’Éliane, Maïa avait rejoint le palais pour gagner de quoi aider les enfants pauvres de son village.
Elle était discrète.
Polie.
Et toujours prête à rendre service.
Ce matin-là, avant même le début du bal, elle avait donné sa propre portion de pain à un jeune garçon qui attendait devant les cuisines.
Personne ne l’avait remarquée.
Sauf le prince Adrien.
Mais Maïa l’ignorait.
« Toi ! »
La voix de Solène claqua dans la salle.
Maïa sursauta.
« Votre Altesse ? »
« Approche. »
La servante s’avança timidement.
Solène désigna la fleur de cristal.
« Cette rose n’obéit qu’au sang royal ! »
Puis elle saisit brusquement le poignet de Maïa.
« Vas-y ! Montre-nous ta magie ! »
Des rires éclatèrent.
Plusieurs dames de la cour cachèrent leur sourire derrière leurs éventails.
Maïa sentit ses joues brûler.
« Je ne suis qu’une simple servante… »
Solène éclata de rire.
« Justement ! »
Elle se tourna vers les invités.
« Voyons si une fille qui nettoie les sols peut accomplir ce que je n’ai pas réussi ! »
Le prince Adrien fronça les sourcils.
Il fit un pas en avant.
« Solène, cela suffit. »
Sa sœur lui lança un regard agacé.
« Ce n’est qu’un jeu. »
« Pas pour elle. »
Mais Maïa ne voulait pas provoquer un conflit entre les enfants du roi.
Elle craignait de perdre sa place.
Alors elle leva lentement la main.
Et toucha un pétale transparent.
La rose s’illumina.
D’abord timidement.
Puis avec une intensité extraordinaire.
Les pétales s’ouvrirent comme ceux d’une véritable fleur au premier soleil du printemps.
Un son cristallin se répandit sous les voûtes.
La lumière traversa les coupes de verre et les bijoux des invités.
Maïa recula, terrifiée.
« Mais… qu’est-ce que c’est ?! »
Solène resta figée.
La reine Ysabeau descendit les marches de son trône.
Sa longue robe de soie vert émeraude glissait derrière elle.
Son visage semblait avoir vieilli de plusieurs années en quelques secondes.
« Comment vous appelez-vous ? » demanda-t-elle.
« Maïa, Votre Majesté. »
« Votre nom complet ? »
« Maïa Valette. »
La reine devint blanche.
« Valette ? »
Maïa hocha la tête.
« Oui, Majesté. »
« Et votre mère ? »
« Elle s’appelait Éliane. Éliane Valette. »
Un silence terrible suivit.
Ysabeau recula.
Le prince Adrien s’approcha d’elle.
« Mère ? »
Mais la reine ne semblait plus l’entendre.
Elle fixait le petit pétale d’or dans la main de Maïa.
Le grand intendant du royaume, le comte Orsain de Brévant, traversa brusquement la salle.
Son visage était fermé.
« Majesté, cette servante doit être interrogée immédiatement. »
Adrien se tourna vers lui.
« Pour quelle raison ? »
« Elle a manifestement manipulé la relique royale. »