Chaque soir, lorsque je rentre chez nous, dans la vieille maison en granit de mes grands-parents que nous avons patiemment restaurée pierre par pierre, j’entends le moteur de la moto de Gaëtan revenir de son tour de falaise. Nous nous asseyons sur la terrasse face au coucher de soleil, buvant un thé chaud en écoutant la rumeur de la mer.
Je repense parfois à ce jour de pluie où j’étais à terre, le visage dans la boue, croyant que le monde entier m’avait abandonné. Je sais aujourd’hui que les nuages les plus sombres ne peuvent jamais étouffer éternellement la clarté du soleil. Il aura suffi d’un grondement de moteur, d’un homme revenu du bout du monde pour tenir une promesse d’enfance, et du courage de faire éclater la vérité pour que l’ombre disparaisse enfin, laissant place à une lumière que nul ne pourra plus jamais éteindre.