Deux inspecteurs de la brigade criminelle entrèrent dans la pièce à cet instant précis, leurs insignes métalliques brillant à leur revers. Ils n’eurent pas besoin d’explications. Marco leur remit le dossier médical, le flacon scellé et la tondeuse brisée, soigneusement enveloppée dans un sachet plastique scellé.

Les cliquetis froids des menottes d’acier résonnèrent dans le silence de la suite nuptiale, étouffant les sanglots hystériques de Bianca Moretti alors qu’on la relevait sans ménagement pour l’emmener vers l’escalier de service, loin des regards mais promise à la honte publique.

Lorsque la porte se referma enfin derrière eux, le silence revint dans la vaste pièce.

Rosalie se tenait toujours près de la coiffeuse, berçant doucement la petite Livia. La petite fille s’était assoupie d’épuisement émotionnel, son petit pouce calé entre ses lèvres, les larmes séchées sur ses joues rondes.

Alessandro s’approcha doucement. Il posa une main bienveillante sur l’épaule de la jeune gouvernante. « Merci, Rosalie. Sans votre vigilance ce matin, nous n’aurions peut-être pas trouvé les malles à temps. »

« J’ai promis à Madame Elena de toujours veiller sur elle, monsieur Rizzano, » répondit humblement la jeune femme, ses yeux noisette brillant d’une sincérité lumineuse. « Je n’aurais jamais laissé cette femme lui faire du mal. »

Alessandro prit sa fille dans ses bras. Le poids tiède et fragile de l’enfant contre sa poitrine dissipa en un instant le froid glacial qui l’avait envahi pendant des mois de faux-semblants et de douleur contenue. Il embrassa tendrement la tempe de Livia, à l’endroit même où les cheveux manquaient.

« Marco, » dit-il sans se retourner.

« Oui, monsieur ? »

« Annulez la réception. Faites ouvrir les portes du domaine aux enfants de l’hospice Sainte-Anne et faites distribuer tout le banquet dans les quartiers défavorisés de la ville. Et faites préparer mon avion privé. »

« Où allons-nous, monsieur ? »

Alessandro contempla un instant son reflet dans le grand miroir de la coiffeuse, tenant sa fille serrée contre son cœur, puis regarda Rosalie avec un sourire empreint d’une paix retrouvée.

« Nous rentrons en Toscane. Nous allons chercher Barnabé, et nous allons réapprendre à vivre. Ensemble. »