« Ne buvez pas ça ! »
La suite allait bouleverser toutes leurs vies.
PARTIE 2 — LE SECRET DU MILLIARDAIRE
Les agents de sécurité interceptèrent Adrien Mercier près de la sortie du château.
Il tenta d’abord de prétendre qu’il devait simplement rejoindre les cuisines.
Mais son agitation attira immédiatement l’attention.
Les agents l’invitèrent à rester sur place en attendant l’arrivée des forces de l’ordre.
Philippe Moreau ordonna que la coupe suspecte soit mise de côté et que la table de champagne soit sécurisée.
Il demanda également qu’aucune personne ne manipule les objets concernés avant l’arrivée des enquêteurs.
La réception fut suspendue.
Les invités furent priés de rester disponibles pour d’éventuels témoignages.
Camille, toujours trempée de champagne, s’était réfugiée près d’une colonne.
Son visage lui brûlait légèrement.
Sa blouse vert sauge était froide contre sa peau.
Elle n’arrivait pas à croire ce qui venait de se produire.
Elle avait tenté de protéger un homme.
Et s’était retrouvée humiliée devant toute une assemblée.
La responsable du personnel, Sophie Garnier, s’approcha avec une serviette propre.
« Camille, ma pauvre… »
Elle posa doucement la serviette sur ses épaules.
« Ça va ? »
Camille acquiesça.
« Oui. »
Sophie regarda les taches de champagne.
« Tu veux aller te changer ? »
Camille hésita.
« Je voudrais d’abord expliquer ce que j’ai vu. »
Sophie lui prit la main.
« Tu as bien fait d’intervenir. »
Camille baissa les yeux.
« J’espère seulement ne pas m’être trompée. »
Sophie répondit doucement :
« Tu as vu un geste suspect. Tu as empêché quelqu’un de boire. Maintenant, les enquêteurs vont vérifier. »
Camille acquiesça.
Ces paroles la rassurèrent.
Elle n’avait pas besoin de savoir immédiatement ce que contenait la coupe.
Elle avait simplement besoin de dire exactement ce qu’elle avait observé.
Dans un salon privé, Philippe Moreau rencontrait son directeur de la sécurité, Laurent Besson.
Laurent avait cinquante-cinq ans.
Ancien officier de gendarmerie, il travaillait depuis plusieurs années pour le milliardaire.
Il était réputé pour son calme et sa rigueur.
« Adrien Mercier est sous surveillance dans un bureau », expliqua-t-il.
Philippe acquiesça.
« A-t-il parlé ? »
« Très peu. »
« Et les enregistrements ? »
« Nous avons conservé les images des caméras qui couvrent la terrasse. »
Philippe se leva.
« Je veux les voir. »
Laurent hésita.
« Monsieur, les enquêteurs vont les examiner. Nous pouvons simplement vérifier les séquences utiles sans perturber les éléments. »
Philippe inspira profondément.
« Vous avez raison. »
Il s’assit.
Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait vulnérable.
Il avait traversé des crises financières.
Des conflits commerciaux.
Des menaces de procès.
Mais jamais il n’avait imaginé qu’un invité de sa propre réception puisse lui tendre une coupe suspecte.
Il pensa à Camille.
À son cri.
À son geste désespéré.
Et au champagne qui avait éclaboussé la terrasse.
Sans elle, il aurait probablement bu.
Cette pensée le glaça.
Quelques minutes plus tard, Isabelle fut invitée dans le salon.
Elle entra avec une expression soigneusement contrôlée.
Sa robe bleu saphir scintillait toujours.
Mais son visage était pâle.
« Philippe », dit-elle doucement.
Il leva les yeux.
« Asseyez-vous. »
Isabelle obéit.
« Toute cette histoire est terriblement exagérée », commença-t-elle.
Philippe resta silencieux.
Elle poursuivit :
« Cette serveuse a paniqué pour rien. »
Philippe la regarda.
« Comment le savez-vous ? »
Isabelle hésita.
« Parce que… parce que personne n’a prouvé quoi que ce soit. »
Philippe acquiesça.
« C’est exact. »
Elle sembla soulagée.
Puis il ajouta :
« Mais cela ne signifie pas que rien ne s’est passé. »
Isabelle baissa les yeux.
Philippe poursuivit :
« Pourquoi m’avez-vous apporté cette coupe ? »
Elle releva la tête.
« Je voulais simplement porter un toast avec vous. »
« Pourquoi celle-ci précisément ? »
Isabelle haussa les épaules.
« Elle était sur la table. »
Philippe la fixa.
« Avez-vous parlé avec Adrien Mercier avant l’incident ? »
Isabelle se raidit.
« Je parle avec beaucoup de membres du personnel. »
« Je vous pose une question précise. »
Elle détourna les yeux.
« Peut-être. Je ne m’en souviens pas. »
Philippe se leva lentement.
« Isabelle, je vous connais depuis longtemps. »
Elle esquissa un sourire.
« Justement. »
Il secoua la tête.
« C’est pour cela que je veux comprendre. »
Elle se mit à pleurer.
« Vous me soupçonnez ? »
Philippe répondit calmement :
« Je cherche la vérité. »
Isabelle baissa la tête.
Pour la première fois, elle comprit que son influence sur Philippe ne suffirait peut-être plus à la protéger.
Les enquêteurs arrivèrent dans la soirée.
Les témoignages furent recueillis.
Les images furent préservées.
La coupe suspecte fut examinée selon les procédures appropriées.
Camille expliqua ce qu’elle avait vu.
Elle ne prétendit pas connaître la substance.
Elle n’affirma pas avoir entendu Isabelle donner des instructions.
Elle décrivit simplement la scène.
Adrien.
Le geste au-dessus du verre.
Le départ précipité.
Puis Isabelle qui avait pris la même coupe pour la remettre à Philippe.
Un enquêteur lui demanda :
« Vous êtes certaine qu’il s’agissait du même verre ? »
Camille acquiesça.
« Oui. Il était posé devant une petite composition de fleurs blanches. Je ne l’ai pas quitté des yeux. »
L’enquêteur nota sa réponse.
« Merci, mademoiselle. »
Camille ressentit un étrange soulagement.
Elle avait fait ce qu’elle devait faire.
Maintenant, la suite ne dépendait plus d’elle.
Plus tard dans la nuit, Philippe demanda à rencontrer Camille.
Elle entra dans son bureau privé, vêtue de vêtements secs que Sophie lui avait prêtés.
Le milliardaire se leva immédiatement.
« Mademoiselle Dubois. »
Camille inclina légèrement la tête.
« Monsieur Moreau. »
Il désigna un fauteuil.
« Asseyez-vous, je vous en prie. »
Elle hésita.
« Je ne voudrais pas vous déranger. »
Philippe sourit tristement.
« Vous venez peut-être de m’éviter un drame. Je crois pouvoir vous accorder quelques minutes. »
Camille s’assit.
Un silence suivit.
Puis Philippe dit :
« Merci. »