« C’est fini, mon trésor », murmurait-il inlassablement, la voix noyée de larmes et de soulagement pur. « C’est fini. Tu es réveillée. Nous sommes ensemble. »
Au-dessus d’eux, un craquement colossal retentit : le plancher supérieur du manoir venait de s’effondrer dans la fournaise. Clara posa une main tremblante sur l’épaule de Roberto.
« Il faut sortir d’ici maintenant », dit-elle doucement, le regard hanté par la tragédie de sa propre famille. « Avant que tout ne soit enseveli pour toujours. »
Roberto remit sa fille debout, la cala fermement sur sa hanche saine, et offrit son autre bras à Clara pour l’aider à gravir les marches vers l’extérieur.
Lorsqu’ils émergèrent enfin des entrailles de la propriété, l’aube commençait à poindre à l’horizon oriental, déchirant la nuit d’une faible lueur grise et rose. Le manoir n’était plus qu’un squelette de braises rougeoyantes et de cendres fumantes. Au loin, dans la vallée déserte, les sirènes plaintives des secours commençaient à résonner, brisant le silence matinal.
Roberto ne se retourna pas vers les ruines de l’empire familial, ni vers la dépouille immobile d’Helena qui gisait désormais sous un voile de suie grise. Il marchait d’un pas lourd mais assuré vers la route, la tête de Sofia reposant paisiblement contre son épaule, son souffle tiède et régulier caressant sa peau meurtrie.
La fortune avait brûlé, les secrets de sang s’étaient consumés dans leur propre folie, mais dans la lumière naissante du petit matin, Roberto tenait dans ses bras tout ce qui méritait encore d’être sauvé.