Marc s’approcha lentement du corps de Claire. Avec une infinie précaution, ignorant la douleur cuisante de ses blessures, il détacha les sangles de cuir qui retenaient ses poignets et ses chevilles. Il prit un pan de drap propre resté sur un chariot médical intact et le posa délicatement sur ses épaules, dissimulant les câbles et le métal qui avaient volé sa jeunesse.
Il resta debout à côté d’elle, lui tenant la main encore tiède, tandis que les bottes lourdes des forces spéciales faisaient trembler le couloir secret et que les ordres criés en mégaphone emplissaient le bâtiment d’un tumulte libérateur.
La Salle 204 avait cessé d’être un secret. Elle devenait le monument d’une résistance silencieuse, gravée à jamais dans les silicates fondus d’une puce de silicium et la mémoire indélébile d’un homme qui avait simplement refusé de fermer les yeux devant l’impensable.