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Le silence qui s’abattit sur la terrasse du manoir Montenegro n’était plus celui de la condescendance ou du mépris mondain ; c’était une stupeur glaciale, dense, presque irrespirable. Les rires étouffés s’étaient évanouis. Le tintement des coupes de cristal s’était figé. Sous la lueur crépusculaire virant à l’indigo, chaque regard convergeait vers la silhouette frêle de la vagabonde et vers Doña Isabel, dont la stature d’airain venait de se briser en un battement de cil.
Isabel restait immobile, la main toujours plaquée contre ses lèvres tremblantes. Ses yeux, d’ordinaire si perçants et impitoyables, dévoraient le médaillon suspendu au cou de la jeune fille. Ce fin…