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Le silence qui pesait sur la salle de réception du Grand Hôtel Bellevue n’avait plus rien de solennel. C’était une chape de plomb, glaciale, suffocante, chargée d’une tension si dense qu’elle semblait faire vibrer les immenses lustres de cristal suspendus au plafond doré. L’odeur du champagne millésimé répandu sur le marbre blanc se mêlait à celle, plus âcre, de la panique qui venait d’envahir le regard de Vanessa.
Le directeur du banquet, monsieur Delacroix, un homme au port sévère et au pas mesuré, s’avança entre les tables où les convives, figés comme des statues de cire, n’osaient même…