Le juge acquiesça gravement avant d’ajuster ses lunettes et de lire le verdict final. Reconnu coupable de complot ayant entraîné la mort, de tentative de meurtre avec préméditation, d’obstruction à la justice fédérale et de malversations financières massives, Victor Hale fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle, assortie de la confiscation intégrale de ses actifs personnels au profit d’un fonds de réparation administré par des curateurs indépendants.
Lorsque le marteau en bois du juge frappa la table avec un bruit sourd et sans appel, aucun murmure ne s’éleva de la salle. Le destin du géant déchu était scellé à jamais.
Claire et Evelyn franchirent les lourdes marches en pierre du palais de justice, accueillies par l’éclat chaud et bienveillant d’un après-midi de printemps. Les flashs des photographes crépitèrent à distance, mais une haie d’agents de sécurité veillait à maintenir la presse à distance respectable.
Arrivées au bord du parc qui jouxtait l’édifice, les deux sœurs s’arrêtèrent un instant sous les marronniers en fleurs. Le petit Leo souriait dans sa poussette, tendant ses petites mains potelées vers les feuilles qui frémissaient sous une brise légère.
Claire posa son bras autour des épaules d’Evelyn.
« Où allons-nous maintenant ? » demanda Claire avec un léger sourire.
Evelyn contempla la ville qui s’étendait devant elles, débarrassée du spectre des Hale et des ombres du passé.
« Loin des domaines et des faux-semblants », répondit-elle, une paix infinie adoucissant son visage lumineux. « Nous rentrons chez nous, Claire. Pour de bon cette fois. »