Teresa marcha lentement jusqu’au fond de la cour arrière, là où le vieux poulailler de bois vermoulu se dressait autrefois comme le monument d’une tyrannie domestique. Ce matin-là, sur son ordre, deux ouvriers avaient tout rasé jusqu’à la dernière planche. La terre avait été retournée, désinfectée, aérée sous le soleil brûlant.
À cet endroit précis, Teresa s’agenouilla. De ses mains nues, elle creusa un trou profond dans le terreau frais, y déposa les racines vigoureuses d’un jeune olivier qu’elle avait fait venir d’Andalousie, symbole de paix et de renouveau, et recouvrit la terre avec patience.
Elle se redressa, essuya ses mains sur son tablier de toile et contempla l’horizon infini de Guanajuato. La cicatrice ne s’effacerait jamais totalement, mais sur cette terre lavée du déshonneur et de la trahison, la vie, enfin, recommençait à germer.