Elle leva les yeux vers lui. Dans ses prunelles ambrées, l’ombre de la cave, le froid du marbre et la voix sifflante de Victoria n’étaient plus que des fantômes désarmés.

« Je suis libre, Papa, » répondit-elle. « Et chaque fois que je poserai les pieds sur ce marbre, je ne me souviendrai plus de mes genoux blessés ni de mes larmes. Je me souviendrai seulement du moment où la porte s’est ouverte, et où tu m’as tendu la main pour me rappeler qui j’étais. »

Alejandro l’embrassa tendrement sur le sommet de la tête tandis qu’une brise printanière faisait bruisser les rideaux, emplissant la demeure de l’arôme doux des roses en fleurs.

La justice des hommes avait fait son œuvre, mais la véritable victoire s’écrivait ici : dans cette maison rendue à la lumière, où plus aucune servante ne pleurerait à genoux, et où la fille du maître régnait enfin par la grâce du courage, de la dignité et de l’amour retrouvé.