Claire hocha la tête. Elle n’éprouvait aucune exaltation, aucun triomphe sauvage. Rien qu’un vide immense et propre, comme une terre brûlée prête à recevoir de nouvelles semences après un incendie dévastateur.
Elle descendit les marches de l’autel d’un pas ferme, abandonnant derrière elle le bouquet d’orchidées écrasées, la bague de fiançailles qu’elle jeta dédaigneusement dans le tronc des pauvres, et les débris d’un mariage qui n’avait été qu’une tentative de meurtre déguisée en conte de fées.
Lorsqu’elle franchit le grand portail de la cathédrale, la fraîcheur de la pluie parisienne caressa son visage contusionné. Les projecteurs des caméras l’aveuglèrent, la foule hurlait son nom, les journalistes se bousculaient contre les barrières de sécurité pour capter un mot, un regard de l’héritière qui venait de terrasser les monstres les plus intouchables de la ville.
Mais Claire ne dit pas un mot. Elle releva la tête, regarda le ciel gris et bas au-dessus des toits d’ardoise, et sourit à la mémoire de son père.
Arthur Vaneau pouvait enfin reposer en paix. Et elle, libre de toute chaîne et de tout mensonge, s’avançait enfin vers sa propre vie.