— Elle ne cesse de réclamer son papa depuis qu’elle est rentrée à la maison, dit doucement Victor. Les pédopsychiatres disent qu’elle a besoin de vous, que vous êtes son ancre, son repère protecteur. Mais la vérité, monsieur Vaneck, c’est que je ne pourrai jamais lui donner seul ce que vous lui avez offert. Vous avez risqué votre chair et votre sang pour elle. Vous l’avez aimée quand personne d’autre ne savait où elle était.

Stallone leva des yeux interrogateurs vers le magnat de l’immobilier.

— Que voulez-vous dire, monsieur Laurent ?

— Je veux dire que ma fille ne perdra pas le père qui l’a sauvée, répondit fermement Victor avec un regard lumineux. J’ai déposé ce matin une requête conjointe devant le juge des tutelles pour vous accorder un statut de tuteur légal permanent et un droit de garde partagée élargi. Cette maison est la sienne. Vous êtes son père autant que je le suis. Si vous l’acceptez, nous serons deux pour l’élever et pour veiller à ce que l’ombre de ce passé ne l’atteigne plus jamais.

Stallone regarda l’homme en face de lui, puis baissa les yeux vers la fillette qui gazouillait joyeusement en tripotant les boutons de sa veste de travail.

Dans la poche de Stallone, le fin bracelet de platine avait été remplacé par un simple ruban de laine tressé par les petites mains de l’enfant. Le passé, avec ses monstres et ses trahisons, avait été anéanti par la justice et le feu de l’épreuve. Ne restait désormais que l’essentiel : une promesse tenue, une vérité révélée et un amour indestructible que nulle violence n’avait pu briser.

Stallone serra la main tendue de Victor d’une poigne franche et inébranlable.

— J’accepte, dit-il avec un sourire apaisé. Nous veillerons sur elle ensemble.