Marc Vaneck descendit d’une voiture banalisée en retrait, son trench-coat battu par le vent. Il s’approcha lentement de Nathan, tandis que deux gendarmes passaient les menottes aux poignets de Vanessa et la poussaient sans ménagement vers l’arrière d’un fourgon cellulaire.
Nathan relâcha son étreinte. Ses muscles se détendirent d’un coup, le laissant pantelant, trempé par la pluie, mais d’une lucidité absolue.
« Morand est neutralisé, dit Vaneck d’une voix posée en allumant un cigare malgré l’averse. Le procureur a signé les réquisitions en urgence il y a une demi-heure. Avec la clé et les relevés de ce soir, ils n’échapperont à rien : association de malfaiteurs, corruption aggravée, escroquerie, tentative de meurtre… et assassinat avec préméditation pour la mort de Claire. »
Nathan plongea la main dans sa poche et remit la clé USB et le carnet noir à l’enquêteur.
« Faites en sorte que tout soit nettoyé, Marc. Que le nom de Claire soit réhabilité publiquement. Que tout le monde sache qui elle était vraiment. »
« Comptez sur moi, monsieur Valmont. C’est une promesse. »
Le lendemain matin, une aube claire et glacée se leva sur la campagne. Le vent de la nuit avait balayé les nuages d’orage, laissant la place à un ciel d’azur pâle, pur et lumineux.
Nathan arriva chez sa sœur de bonne heure. Dans le grand salon baigné de soleil, Thomas jouait sur un tapis épais avec des cubes en bois, gazouillant doucement sous le regard attentif d’Hélène. Près de la grande baie vitrée qui donnait sur les collines boisées, Lily se tenait debout, serrant l’ours en peluche que Nathan avait rapporté avec lui la veille.
En voyant son père franchir la porte, la fillette lâcha le jouet et courut vers lui de toutes ses forces. Nathan s’agenouilla et la souleva dans ses bras, la serrant contre son cœur comme s’il craignait qu’elle ne s’évapore sous la lumière du matin.
« C’est fini, Lily, murmura-t-il, la voix tremblante d’une émotion nouvelle, apaisée. Vanessa ne reviendra plus jamais. Personne ne nous fera plus de mal. »
Lily posa sa petite main fraîche sur la joue de son père. Son visage d’enfant, si longtemps alourdi par le secret terrifiant qu’elle avait porté seule, semblait enfin libéré d’un poids immense.
« Maman nous protégeait, n’est-ce pas papa ? » demanda-t-elle doucement.
« Oui, mon ange, répondit Nathan en l’embrassant sur le front, les yeux tournés vers les collines étincelantes sous les premiers rayons. Maman nous protégeait. Et maintenant, nous pouvons enfin la laisser reposer en paix. »