Sophie sentit une vague de chaleur envahir sa poitrine. Pendant des mois, une attirance inexprimée avait grandi entre eux, faite de regards partagés, de conversations nocturnes après la fermeture et d’un respect mutuel indestructible. Mais aucun des deux n’avait encore osé franchir la ligne professionnelle.
« Luca… » murmura-t-elle.
« Je sais qui je suis, Sophie, » continua-t-il en faisant un pas de plus vers elle, sa main venant doucement recouvrir la sienne sur le comptoir. « Je sais quel est mon monde. Il est sombre, dangereux, et parfois sans pitié. Mais depuis que tu es entrée dans ma vie hors des rôles de domestique, depuis que tu m’as montré ce qu’était la vraie loyauté, ce monde est devenu un peu plus clair. »
Il marqua une pause, posant son regard d’encre dans le sien.
« Je n’ai plus besoin d’une robe de mariée de quatre-vingt mille dollars pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Mais j’ai besoin de toi à mes côtés. Pas comme employée. Pas comme gouvernante. »
Il inclina légèrement la tête.
« Accepterais-tu de dîner avec moi ce soir ? En tant qu’égale. »
Sophie regarda les outils en argent dans la boîte, puis leva les yeux vers l’homme fort et redouté de Chicago, qui se tenait là, vulnérable et sincère devant elle. Elle se souvint des mots de sa mère : Une femme doit savoir réparer quelque chose avant de le déclarer fichu.
Le passé de Luca était sombre, sa vie était complexe, mais entre eux, il n’y avait aucun mensonge. Seulement de la vérité, cousue de fils bleus et indestructibles.
Sophie esquissa un vrai, magnifique sourire et resserra ses doigts autour de ceux de Luca.
« J’adorerais dîner avec toi, Luca. Mais à une condition. »
« Laquelle ? » demanda-t-il, un brin amusé.
« C’est moi qui choisis le restaurant. Et il n’y aura aucun invité pour nous interrompre. »
Luca la gratifia d’un rire franc, sonore et chaleureux, un son que personne à Chicago n’avait entendu depuis des années.
« Marché conclu, Mademoiselle Miller. Marché conclu. »