Adrien répondit d’une voix ferme :

« Élise n’est pas n’importe qui. »

Le roi refusa de l’écouter.

La duchesse Camille, présente ce jour-là, observa la dispute avec une satisfaction dissimulée.

Depuis plusieurs années, elle espérait marier sa nièce au prince Adrien.

Cette union aurait renforcé l’influence de sa famille.

L’arrivée d’Élise menaçait ses projets.

Camille décida de faire disparaître cette jeune femme de la vie du prince.

Elle commença par répandre des rumeurs.

Élise serait intéressée par la fortune royale.

Elle chercherait à obtenir des avantages.

Elle manipulerait Adrien.

Mais le prince connaissait la vérité.

Élise n’avait jamais demandé d’argent.

Au contraire, elle refusait les cadeaux extravagants.

Elle voulait continuer à travailler auprès des familles qui avaient besoin d’elle.

Un soir, Adrien annonça à son père qu’il avait l’intention de l’épouser.

Henri devint livide.

« Si tu fais cela, tu perdras ta place à la cour. »

Adrien regarda son père.

« Alors je la perdrai. »

Le roi resta silencieux.

Son fils poursuivit :

« Je préfère vivre modestement avec celle que j’aime plutôt que devenir un roi incapable d’aimer. »

Ces paroles blessèrent profondément Henri.

Mais son orgueil l’empêcha de répondre.

Adrien quitta le palais.

Quelques semaines plus tard, Élise lui annonça qu’elle attendait un enfant.

Le prince resta sans voix.

Puis il éclata de joie.

« Nous allons avoir un bébé ? »

Élise rit.

« Oui. »

Il la prit dans ses bras.

« Je te promets qu’il grandira entouré d’amour. »

Ils décidèrent de s’installer dans une maison simple, loin des intrigues royales.

Mais Camille surveillait toujours leur situation.

Et lorsqu’elle apprit qu’Élise était enceinte, elle comprit que cet enfant représentait un danger pour ses ambitions.

Un héritier né de l’union d’Adrien et d’Élise pourrait un jour revendiquer une place dans la succession royale.

La duchesse ne pouvait l’accepter.

Elle commença donc à préparer un plan.

Un plan si cruel qu’il allait briser une famille entière.

Quelques mois plus tard, Adrien fut victime d’un accident de voiture sur une route de campagne.

Les circonstances furent d’abord considérées comme tragiquement ordinaires.

La chaussée était glissante.

La visibilité mauvaise.

Le véhicule avait quitté la route.

Le prince mourut avant l’arrivée des secours.

Élise, enceinte de sept mois, fut dévastée.

Henri apprit la mort de son fils dans son bureau.

Il resta immobile pendant plusieurs minutes.

Puis s’effondra sur son fauteuil.

Malgré leurs disputes, il avait aimé Adrien profondément.

Il pensait qu’ils auraient un jour trouvé le moyen de se réconcilier.

Mais il était trop tard.

La duchesse Camille vint immédiatement auprès du roi.

Elle parla doucement.

Lui apporta des documents.

Organisa les cérémonies.

Et profita du chaos émotionnel pour contrôler les informations qui circulaient entre le palais et Élise.

Lorsque l’enfant naquit deux mois plus tard, Élise lui donna le prénom de Louis.

Elle écrivit au roi.

Elle lui annonça la naissance de son petit-fils.

Elle joignit une photographie.

Mais la lettre ne parvint jamais jusqu’à Henri.

Camille l’intercepta.

Puis fit transmettre à Élise un message falsifié.

Le texte affirmait que le roi refusait de reconnaître l’enfant.

Qu’il ne voulait aucun contact avec elle.

Et qu’elle devait quitter la région.

Élise lut ces mots en pleurant.

Elle regarda son nouveau-né.

« Tu n’as rien fait de mal, mon trésor. »

Le bébé dormait paisiblement.

Elle le serra contre elle.

« Je te promets que je te protégerai. »

Elle quitta le village quelques semaines plus tard.

Sans fortune.

Sans soutien royal.

Avec seulement une valise, quelques vêtements et une photographie d’Adrien.

Pendant neuf années, le roi Henri ignora que son petit-fils était vivant.

Et dans un quartier pauvre de province, Louis grandit en pensant que son grand-père l’avait abandonné volontairement.

Mais quelque chose d’autre se préparait.

Quelque chose que Camille n’avait pas prévu.

Car le petit garçon possédait un lien extraordinaire avec un animal que la famille royale croyait impossible à apprivoiser.

Un lion nommé Saphir.

Et ce lien allait ramener Louis au cœur du palais.

PARTIE 2 — LE SECRET DU LION ROYAL
Louis grandit dans un petit village du sud de la France.

Après avoir quitté les environs du palais, Élise avait trouvé du travail dans un centre de soins.

Elle louait une maison modeste au bord d’une route tranquille.

Le toit avait parfois des fuites.

Le chauffage tombait régulièrement en panne.

Mais elle faisait tout pour offrir une enfance heureuse à son fils.

Louis était un garçon curieux.

Il aimait les animaux.

Les livres illustrés.

Et les histoires de chevaliers que sa mère lui racontait avant de dormir.

Il avait des cheveux bruns en bataille, de grands yeux expressifs et une façon étonnamment calme de regarder le monde.

Il ne parlait pas beaucoup.

Mais lorsqu’il disait quelque chose, il le pensait sincèrement.

À cinq ans, il avait recueilli un petit oiseau blessé.

À six ans, il avait aidé un voisin à retrouver son chien.

À sept ans, il passait ses mercredis dans un refuge animalier, où les bénévoles lui apprenaient à respecter les animaux sans se mettre en danger.

Sa mère plaisantait parfois :

« Tu préfères les animaux aux gens ? »

Louis réfléchissait sérieusement.

« Les animaux ne se moquent pas de mes chaussures. »

Élise sentait son cœur se serrer.

À l’école, certains enfants l’humiliaient parce que ses vêtements étaient usés.

Il n’avait pas toujours de nouveaux cahiers.

Son manteau avait été réparé plusieurs fois.

Et lorsqu’une sortie scolaire coûtait trop cher, il restait à la maison.

Élise se reprochait de ne pas pouvoir lui offrir davantage.

Mais Louis ne se plaignait presque jamais.

« Ce n’est pas grave, maman. »

Elle lui caressait les cheveux.

« Tu mérites pourtant tellement plus. »

Il souriait.

« J’ai déjà toi. »

Ces mots la faisaient pleurer.

La santé d’Élise commença malheureusement à se dégrader.

Elle souffrait d’une maladie chronique qui l’obligeait à réduire son temps de travail.

Les revenus diminuèrent.

Les factures s’accumulèrent.

Et Louis se mit à comprendre que sa mère était souvent inquiète.

Un soir, il la trouva devant une vieille boîte en bois.