Katharina franchit le seuil du manoir des Baum sans un regard en arrière.
L’air frais de la forêt fouetta son visage, lavant la trace de sang séché sur son cou. Au loin, dans la brume argentée qui s’élevait des sapins, résonnaient déjà les premières sirènes des véhicules de police appelés par Karl depuis la ligne de secours.
La vérité allait faire voler en éclats le nom, la fortune et la paix illusoire de cette lignée maudite. Elle ne possédait plus rien de matériel, son passé n’était qu’un champ de ruines et l’avenir s’annonçait d’une rigueur implacable sous le feu des tribunaux et du regard public.
Mais pour la première fois de sa vie, en respirant le parfum âcre et sauvage de la terre mouillée, Katharina Baum était enfin libre.