Mon téléphone posé sur le buffet vibra discrètement. C’était un message crypté de Julian Ross.

« Le verdict vient de tomber à Chicago. Marcus Vance a écopé de douze ans de prison ferme. Wendy a été condamnée à neuf ans de réclusion criminelle au centre pénitentiaire de Dwight, sans possibilité de libération conditionnelle avant six ans, assortis d’une obligation de restitution totale des fonds et de dommages et intérêts exemplaires pour préjudice physique et moral. Elle a fait une crise d’hystérie au prononcé de la sentence. Les gardiens ont dû l’évacuer de force du tribunal. »

Je regardai le message pendant trois secondes. Je ne ressentis ni joie sauvage, ni amertume. Seulement la satisfaction nette, clinique et absolue d’une équation enfin résolue. La balance de la justice avait oscillé violemment, mais elle s’était stabilisée exactement là où elle devait l’être.

« Une bonne nouvelle pour ton travail, mon fils ? » demanda ma mère en posant un plat fumant sur la table.

J’éteignis l’écran de mon téléphone et le glissai dans ma poche.

« La meilleure possible, Maman, » répondis-je en tirant une chaise pour elle. « Une affaire ancienne qui vient d’être définitivement classée. »

Jessi s’assit, prit ma main dans la sienne, et pour la première fois depuis des années, son regard n’exprimait plus la moindre ombre de crainte. Nous étions enfin chez nous, libres, et personne ne viendrait plus jamais compter les miettes de son existence.