Mon père leva les yeux vers les tours scintillantes de Paseo de la Reforma, dont les lumières perçaient la brume nocturne de la vallée de Mexico. Ses épaules se redressèrent, retrouvant la carrure solide de l’artisan qui avait passé sa vie à bâtir sans jamais rien voler à personne.

« Alors, dit-il avec un mince sourire en montant à l’arrière du véhicule, emmène-moi manger des tacos al pastor dans notre vieux quartier. J’ai faim, et ce costume me serre un peu trop aux épaules. »

Je ris franchement pour la première fois de la soirée, refermai la portière derrière lui, puis m’installai à ses côtés tandis que la voiture s’élançait sans bruit sur le bitume luisant de pluie, laissant derrière nous les ruines fumantes d’un empire qui n’avait jamais su distinguer la valeur d’un homme du prix de son habit.