J’ouvris le tiroir supérieur et en sortis un briquet en argent massif ainsi que la dernière note manuscrite que Thomas m’avait laissée quelques jours plus tôt pour me réclamer de l’argent sous prétexte d’un investissement vital. J’approchai la flamme du papier vergé. Le feu dévora lentement les lettres arrogantes, réduisant la vanité d’un nom usurpé en une cendre fine qui tomba sans bruit dans la coupelle de marbre.

Le domaine des Ormes retrouvait enfin sa véritable propriétaire. Non pas une héritière soumise ou une victime silencieuse que l’on pouvait chasser au gré des caprices, mais une femme maîtresse de ses terres, de sa fortune et de son propre destin.