Elle se lève. Elle boîte encore un peu à cause de la cheville endolorie par sa fuite sur les cailloux de Levizzano, mais sa démarche est droite. Elle décroche l’appareil, pose sa voix sans faiblir, et commence à dicter les références des pièces numérotées sur le carnet noir.

Je reste assis à la table, la tasse de café tiède entre les mains, regardant le soleil d’octobre incendier lentement les cimes des vignes où les feuilles rougissent avant l’hiver. Daniele croyait que nous n’étions rien de plus que la boue sur laquelle il bâtissait ses châteaux d’illusions. Mais il avait oublié une chose que les gens de la ville ne comprennent jamais : la terre ne ment pas. Elle attend son heure, patiemment, sous le gel et la sécheresse, et finit toujours par engloutir ceux qui prétendent la posséder sans jamais avoir daigné la respecter.