Sarah était assise sur un banc de bois, une tasse de thé à la main, observant son fils avec une sérénité nouvelle. Les cauchemars qui avaient hanté ses nuits au début s’étaient progressivement dissipés. Le souvenir de la baie vitrée fracassée et du vent glacé ne la terrorisait plus ; il était devenu le symbole de sa propre force, la preuve indélébile qu’aucune obscurité, aucune richesse mal acquise et aucune cruauté humaine ne pourraient jamais briser l’amour d’une mère pour son enfant.

Brenda attendait son procès derrière les barreaux d’une cellule austère, abandonnée par ses anciens cercles mondains qui s’étaient empressés d’oublier son existence pour sauver leur propre réputation. David tentait de reconstruire une existence honnête en province, tenant scrupuleusement ses engagements financiers et envoyant de courtes lettres respectueuses deux fois par mois.

Léo s’arrêta soudain dans sa course, ramassa un pissenlit jaune éclatant et revint en trottinant vers sa mère avec un sourire radieux.

— Maman ! gazouilla-t-il fièrement en lui tendant la petite fleur.

Sarah prit la fleur, s’agenouilla dans l’herbe et serra son petit garçon dans ses bras. Son cœur battait au rythme d’une paix profonde et inaltérable. La glace avait fondu pour toujours, laissant place à la promesse lumineuse d’un nouveau départ.