Simultanément, une silhouette frêle, trempée, couverte d’égratignures et de boue, apparut en haut de l’escalier extérieur menant de la plage à la piscine.
Lucas.
Il s’appuyait lourdement sur la rampe, haletant, les vêtements en lambeaux, mais le regard brûlant de détermination. Il tenait son téléphone à la main, dont l’écran affichait encore le flux actif du livestream avec plus de 45 000 spectateurs connectés en direct.
— Lâche-la, Stéphane, lança le garçon d’une voix claire qui résonna dans tout le patio.
Stéphane tourna la tête, sidéré, manquant de lâcher son arme.
— Toi… ? Mais… je t’ai vu tomber ! C’est impossible !
Profitant de ce moment de stupeur absolue, Marc ne laissa pas une seule seconde de répit. D’un mouvement fulgurant, il tira. La balle alla frapper l’arme de Stéphane, la faisant voler en éclats dans un fracas métallique.
Dans le même instant, les portes de la villa s’ouvrirent à volée et trois agents d’intervention de la gendarmerie nationale, prévenus par le père de Lucas et les équipes de secours maritimes, investirent les lieux en criant :
— Baissez vos armes ! Ne bougez plus ! À terre !
Stéphane fut plaqué contre le sol de marbre froid, menottes aux poignets, hurlant sa rage et ses menaces alors qu’on le relevait pour l’emmener vers les véhicules de police stationnés dehors.
CHAPITRE 8 : UN NOUVEAU MATIN
Le soleil était désormais bien haut dans le ciel azuréen, chassant les dernières ombres de la nuit.
Sur la grande terrasse de la villa, le silence était revenu, lourd d’émotions contenues. Les secouristes avaient examiné Lucas : à part quelques contusions sévères et une entorse à la cheville, il s’en sortait miraculeusement sans blessure grave, protégé par le miracle des filets de la vieille plateforme abandonnée.
Claire était assise sur une chaise longue, incapable de prononcer un seul mot, les yeux fixés sur son fils et sur l’homme qu’elle avait pleuré pendant une décennie.
Marc s’agenouilla doucement devant Lucas, posant ses mains sur les épaules du garçon. Ses yeux brillaient de larmes qu’il ne cherchait même plus à retenir.
— Tu as été incroyablement courageux, mon fils, murmura-t-il, la voix brisée par l’émotion.
Lucas esquissa un sourire fatigué mais sincère. Il sortit de sa poche le téléphone, dont la batterie affichait désormais 1%.
— J’avais une bonne raison de filmer, papa. Je savais qu’il mentait.
Il appuya sur un dernier bouton pour couper définitivement le livestream. Sur l’écran noir, les derniers commentaires défilaient encore, saluant le courage du garçon et la fin de ce cauchemar en direct.
La page d’une décennie de mensonges venait d’être arrachée à jamais. Et pour la première fois depuis onze ans, le soleil se levait sur une famille enfin réunie.