Vers vingt heures, après avoir aéré les pièces à fond pour chasser les dernières effluves du ragoût de sa belle-mère, Olga alluma la vieille lampe en laiton posée sur la robuste table en bois près de la fenêtre. La lumière tamisée et dorée inonda la pièce, faisant scintiller le parquet en chêne que son grand-père avait tant aimé.

Elle s’assit dans le fauteuil voltaire, une tasse de thé noir fumant entre les mains, et regarda dehors. Les toits de la ville étincelaient sous une couche de neige immaculée, pure et silencieuse. Elle repensa aux paroles méprisantes de Maxime sur la solitude et les souvenirs qui ne tiennent pas chaud. Il se trompait lourdement. Ces murs n’étaient pas un simple assemblage de briques et de plâtre ; ils étaient le rempart de son histoire, le sanctuaire de sa dignité retrouvée, un espace où personne ne dicterait plus jamais sa loi.

Olga porta la tasse à ses lèvres, savoura la chaleur du breuvage et ferma doucement les yeux, un sourire serein étirant enfin ses lèvres dans la paix retrouvée de son foyer.