son empire sur mon effacement ; il avait fini par s’effacer lui-même devant ma détermination.Un mois plus tard, je remis pour la première fois les pieds dans le penthouse de Manhattan. Les déménageurs finissaient d’emporter les derniers meubles qui avaient appartenu à Daniel.

L’appartement était vaste, lumineux, débarrassé de cette atmosphère lourde et contrôlée qu’il y avait fait régner pendant trois ans.Je me dirigeai vers le dressing du fond. L’armoire à bagages était ouverte. Je m’avançai et, tout au fond, sous la tablette de chêne massif, je vis mon passeport.

Il était là, exactement là où il avait toujours dû être.Je le pris, le feuilletai doucement, puis le glissai dans mon sac à main à côté du certificat de naissance de Victoria.Je me tournai vers la grande baie vitrée qui donnait sur Central Park. Le ciel de New York était d’un bleu limpide, sans l’ombre d’un nuage. Ma fille dormait paisiblement dans son berceau dans la pièce voisine.Daniel avait écrit dans son carnet que je n’avais nulle part où aller sans lui.

Il n’avait pas compris que Manhattan m’appartenait, que l’avenir m’appartenait, et que pour la première fois de ma vie, j’étais enfin libre d’aller exactement où je le voulais.