« Voilà ce que doit être notre responsabilité envers ce domaine. »
Je sentis mes yeux s’humidifier.
En regardant autour de moi, je repensai au jour où Marguerite m’avait giflée devant toute la noblesse.
Je revoyais le coussin jeté sur les dalles.
J’entendais encore Béatrice crier qu’une paysanne n’avait pas sa place parmi les nobles.
Et je me souvenais de ma belle-mère tentant de m’entraîner vers les servantes.
Elle croyait que ma naissance déterminait ma valeur.
Elle croyait qu’en m’humiliant publiquement, elle pourrait me faire accepter une place inférieure.
Mais elle s’était trompée.
Car mon passé n’avait jamais été une honte.
Il m’avait appris la solidarité, le courage et la compassion.
Je n’avais pas besoin d’effacer mes origines pour mériter le respect de mon mari.
Et je n’avais pas besoin de dominer ma belle-mère pour être reconnue comme son épouse.
Dame Marguerite avait voulu me chasser du siège d’honneur pour prouver qu’elle était toujours la femme la plus importante du château. Mais ce jour-là, elle avait perdu bien davantage qu’une chaise : elle avait perdu le pouvoir d’imposer sa cruauté au nom de la tradition.
Quant à moi, j’avais enfin compris qu’une véritable dame ne se reconnaissait ni à son sang, ni à ses bijoux, ni à la richesse de sa robe, mais à la manière dont elle traitait ceux qui ne possédaient aucun pouvoir pour se défendre.
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