L’air frais de la nuit de novembre me frappa le visage, vif, piquant, mais incroyablement pur. Dehors, la pluie fine avait cessé. L’allée de gravier brillait sous les réverbères en fonte, et au-delà des grilles entrouvertes du domaine, un taxi commandé une heure plus tôt m’attendait, ses feux de détresse clignotant doucement dans l’obscurité.
Je descendis le perron de pierre sans me retourner une seule fois vers la façade imposante du manoir dont les fenêtres du rez-de-chaussée brillaient d’une lumière désormais morte. À l’étage, l’ombre du grand lustre en cristal continuait de projeter ses reflets scintillants à travers les baies vitrées de la véranda. Mais sous cette lumière éclatante, il n’y avait plus de secret pour protéger les coupables.
En montant à l’arrière du taxi, je verrouillai la portière et laissai échapper un long soupir.
Le chauffeur enclencha la première vitesse, et les grilles du manoir Fairchild disparurent lentement dans le rétroviseur, avalées par la nuit. J’ouvris légèrement la vitre pour sentir le vent frais sur ma peau. Pour la première fois depuis des années, je respirais enfin.