Camila, devenue une directrice d’équipe respectée et épanouie, releva les yeux de son carnet de rendez-vous. En reconnaissant son ancienne bourrelle, aucun éclair de revanche ne traversa son regard. Juste une infinie dignité.
— Bonjour, madame, dit Camila avec un sourire sincère et accueillant, avançant vers elle sans la moindre condescendance. Bienvenue à l’Atelier. Que pouvons-nous faire pour vous aujourd’hui ?
Renata baissa les yeux, la voix tremblante, touchée en plein cœur par cette grâce inattendue :
— Un… un simple rafraîchissement de coupe, s’il vous plaît… Je n’ai pas beaucoup de moyens.
— Prenez place, je vous en prie, répondit doucement Camila en lui désignant l’un des grands fauteuils blancs. Ici, tout le monde est chez soi.
Au fond du salon, assise près de la verrière d’où tombait une pluie fine semblable à celle d’octobre dernier, Isabel Cortés referma son dossier de travail, savourant en silence la plus belle des victoires : celle où la justice ne se contente pas de punir l’arrogance, mais enseigne enfin au monde la noblesse du respect.