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Le tintement du cristal venait de s’éteindre sous les voûtes séculaires de la villa Pallavicini, perchée sur les hauteurs escarpées de Bellagio, dominant les eaux sombres et immobiles du lac de Côme. Dans la grande galerie aux miroirs vénitiens, les lustres de Murano répandaient une lumière dorée et crue sur une cinquantaine d’invités d’élite : magnats de l’industrie textile milanaise, diplomates feutrés, critiques d’art acerbes et héritières corsetées d’arrogance. C’était le trentième anniversaire de Matteo Moretti, et son ascension fulgurante à la tête du conglomérat familial devait être consacrée ce soir-là, devant les caméras discrètes d’une presse triée sur le volet.
Au centre de l’attention, Matteo paradait dans un smoking sur mesure en alpaga sombre, un verre de millésime à la main. À son bras, Ginevra Visconti, fille cadette d’une dynastie…