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L’Ombre du Seuil Le gravier humide de l’allée s’enfonçait dans la paume de mes mains. L’air matinal de ce mois d’octobre me brûlait la gorge à chaque inspiration saccadée, tandis que le cliquetis métallique du verrou résonnait encore contre les murs de crépi de la maison. Julien a rangé son téléphone dans la poche de sa veste, m’a jeté un regard sans la moindre trace d’humanité, puis s’est dirigé vers sa berline garée sous le platane. Le moteur a ronronné, les gravillons ont crépité sous ses pneus, et le portail s’est refermé derrière lui dans un grincement sourd.
J’étais seule sur le seuil, la manche gauche de mon chemisier en lambeaux, le goût âcre du fer sur ma lèvre fendue. Une seule chaussure au pied, la peau de…