Je m’agenouillai sur le tapis à côté de lui. Il leva ses petits bras vers moi, ses doigts potelés s’agrippant au col de mon t-shirt avec une force étonnante pour son âge. Je le soulevai dans les airs, le serrant contre ma joue tiède.

Pendant des semaines, dans cette salle de bains glacée, j’avais cru que son cri était un fardeau qui avait déclenché la folie des monstres.

Aujourd’hui, je savais la vérité.

Ce cri n’était pas une malédiction. C’était l’étincelle de vie qui m’avait arrachée à ma soumission. C’était le cri qui m’avait poussée à composer ce numéro, à verrouiller cette porte, à encaisser les coups sans lâcher prise. C’était le cri qui m’avait rendue mère, invincible et libre.

« C’est fini, mon amour, murmurai-je contre ses cheveux soyeux qui sentaient la fleur d’oranger et le lait chaud. Plus personne ne nous fera jamais de mal. »

Léo enfouit son petit nez au creux de mon cou, poussa un soupir d’aise et s’endormit paisiblement, bercé par le battement calme, régulier et souverain de mon cœur.