Je serrai sa main contre mon cœur, là où la mémoire ne s’éteindrait plus.
« Je pensais que certains liens sont plus puissants que le poison, plus profonds que l’amnésie et plus forts que les barreaux les plus épais », lui répondis-je en souriant au ciel bleu. « Tu m’as sauvé la vie ce soir-là, Léo. »
« Non », répondit-il avec une sagesse qui dépassait son âge. « Nous nous sommes sauvés tous les deux. »
Le vent d’ouest fit frémir les feuilles des grands chênes centenaires. Pour la première fois depuis l’accident, pour la première fois depuis l’enfer, je savais que l’avenir nous appartenait, limpide, libre et pur comme le premier matin du monde.