Lena glissa son téléphone dans sa poche sans y répondre immédiatement. Il n’y avait plus d’urgence. Le temps lui appartenait à nouveau, seconde après seconde, heure après heure.

Quatre-vingts mètres plus haut, les gyrophares de la panique d’entreprise pouvaient bien continuer de clignoter en rouge sur les tableaux de bord et de consumer les carrières de ceux qui n’avaient produit que du vent.

Lena Mercer tourna le dos au gratte-ciel de verre. Elle enfonça ses mains dans les poches de son manteau et s’avança d’un pas tranquille sur le trottoir mouillé, se fondant dans la rumeur vivante de la ville, libre de toute attache, maîtresse absolue de son silence et de son avenir.